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[ Chaque chose s’emboîte
dans l’analogie
de sa forme contraire ] [ p l ]

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D’un orage, je ne sais pas, j’en ferai peut-être quelque chose si je joue ou si je ferme les yeux, je vois un dé qui roule, je vois un dé à coudre, des dominos partout couchés sur la plage, je vois un carré blanc, je vois un mouchoir rouge derrière son dos, humide, je vois une multitude de chose, un vieux truc vert, une montre cassée, une robe avec des petites bretelles fines, un cylindre, un sourire, un soleil, un soleil pas forcément rouge, d’ailleurs.

Je ne sais plus compter les insectes sur le ruban adhésif qui se débâtent en vains, je ne sais plus, je ne sais rien, les ronces avaient changé soudainement de couleur qu’on ne sentait plus rien sur la peau en plein soleil après la pluie, une goutte, les ronces avaient foncées, une autre goutte, il y a cette petite chose marron qu’on gratte un peu trop souvent pour la garder un peu plus longtemps à la pliure du coude, pendant que l’autre doigt glissait tout seul dans la serrure, pour trouver quelque chose de solide qui ne tremblera plus jamais, un sourire une larme. Un jet de foutre.

Histoire de, je ne sais plus, d’amours violents et de combinaisons multiples, ou le contraire, ouvrir des portes, c’est ça, descendre, c’est ça, descendre et ouvrir des portes en même temps, alors que le chemin était déjà tout tracé, ouvert, le fleuve couché, et puis ta bouche peut-être un peu trop maquillée à mon goût, tes jambes, l’iris, tes fleurs, le corps, le corps de l’autre, je ne sais où, parler tout bas.

Parler tout bas. Parler tout bas. Parler tout bas. Parler tout bas. Parler tout bas. Parler tout bas. Oh oui, parler tout bas. Je veux t’entendre parler tout bas à voix haute.

Je ne sais plus parler tout bas, je cherche quelque chose pour reconstituer la cendre, mais rien qu’un peu, mais rien qu’un petit bout de peau, qui dépasse, un trait, la pointe du coude, pas plus, un grain de sable, une étoile, un souffle, une rive, la partie la plus dure de ton corps dans une petite boite en plastique, je compte les pas à qui sur le bord de cette plage, à qui je parlais tout à l’heure derrière la porte, quand je parlais tout bas. Tout bas.   

Silence.

Silence. 

A ce lacet, à ce tutu bleu presque transparent, presque rose, rose quand le tutu bleu est dans un autre mouvement, tu sais comme cette transparence qui ressemble un peu à ça, quand tout devient sec au bord de la bouche quand tu as soif, à cette phrase qui fait mal, à cette phrase qu’on ne doit pas dire à l’autre, à ce cadran solaire, à du sel qui pique la bouche avant de piquer la gorge, à ce petit bout de peau pris directement par l’hameçon, à cette piqûre au bras, à cette guêpe morte sur la table, tombée à l’instant même du ruban adhésif. 

On marchait sur un fil, on marchait sur la tête, on marchait sur rien du tout, on marchait sur du sable, on marchait pendant des heures, on marchait quelques secondes, on se penchait dans le vide, on se penchait dans l’eau juste au bord de l’arête pour voir, là où c’est le plus creux, là où c’est le plus profond, là où tu n’as jamais mis les pieds ni les mains ni le centre ni la langue, là où je vois ton visage perdre son œil pour la première fois pendant quelques secondes, on ramassait des trucs bizarres avec les pieds, des cubes, des trucs très collants, des lacets, des mouches mortes sur le dos, du gèle et de l’anti transpirant, il fallait toujours sentir bon, il fallait se regarder le ventre dans la glace, il fallait s’élancer bien avant pour ne pas sentir la gravité de la chute, mais ça sentait quand même bon la laque pour tenir le vent dans les cheveux, quand on parlait tous les trois sur la pierre chaude, d’iodes et de sels, de couleurs et d’uniformité trop sombre, mais il faut toujours défaire, défaire, défaire. Chercher le centre, même quand il n’y en a pas.

Et se parler tout bas, est-ce que tu m’entends.

Défaire des petites boites, déboiter, refaire, résoudre, ou refuser le jeu tout simplement, les huit couleurs sur le corps de l’autre et pas une de plus dans le même ciel pour répondre que la pluie peut revenir sans cesse sur le dessus de la main au même endroit, refuser que la pluie peut brûler une épaule quand on ne la regarde pas, qu’il n’y a plus rien à faire, qu’il n’y a que ça à faire, jouer avec des couleurs, et puis les regarder fondre très vite et très doucement, comme un fruit pourri tombé dans un essein d’abeilles, qu’il n’y a que ça à faire et puis à regarder, le soleil est un truc qui n’a jamais existé quand on ferme les yeux, je ne sais plus répondre, je ne sais plus résoudre, ni résorber, ni chercher la bonne eau, la bonne couleur, la bonne réponse, le bon goût, compter les secondes, c’est ça c’est sûrement ça, il faut compter les secondes pour aller le plus vite possible sous la pluie pour se nettoyer tout seul les ongles, c’est ça, se nettoyer tout seul les ongles, pour ne pas salir la face caché de l’eau transparente, que l’on garde bien au fond de ses couilles.

Et si le soleil n’était pas jaune, quand on ferme les yeux.

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