.

.

.

.

j’allais dans le vent te ramasser des fleurs avec la bouche tu sais à plat ventre mon vélo tout pourri jaune avançait péniblement dans les ronces je chantais les pierres et les courants noirs multicolores électroniques me ramenaient vers toi intact soyeux et triste j’étais même pas malade j’étais même pas une fleur j’aimais durablement cette fusion avec le sang je collais des cailloux sur ma peau je me perdais très souvent avec mon vélo jaune tout pourri sur l’épaule quand la pente était trop glissante trop rapide au fil de l’eau je revenais des moissons de la guerre et des tombes que je fleurissais le jour pour me rappeler le nom de tous ces enfants morts pour rien au monde je n’aurai loupé le champ ouvert d’une fenêtre quand l’air était doux le vent balayait tout sur son passage la chaussure laissée dans le sable en bas de l'immeuble les fleurs bleues les cheveux blonds dans le vent les anges tout gonflés et circulaires ça sentait bon je vous dis tout même le blanc coupé en deux son crâne qui a mangé un train

.

.

.

.