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On était parti très tôt voilà c’est le déluge la grande descente y en a plusieurs qui se succède en bas ça n’a pas bien fonctionné le mélange de l’eau dans le corps c’est parti où et dans quelle direction je crois bien que c'est mort j’ai perdu mon enfant dans une cage d’escalier ou dans les bras de quelqu’un d’autre je m’en souviens très bien maintenant elle est passée devant moi elle est loin maintenant on ne la voit pratiquement plus bouger ils ont dit en refermant la boucle les sangles sont un peu trop longues nous avons tout essayé nous n’avons rien pu faire il a gardé les yeux ouverts pendant tout le trajet nous étions dans sa petite main sa petite main n’étais pas totalement chaude l’eau diminuait dans les poumons poumons qui étaient raccordés à un bocal avec des chiffres rouges qui ne s’inversaient toujours pas sur un cadran numérique un nouveau jour avance avec un nouveau visage dans le creux de notre épaule tu peux toucher l’angle de la table affaissée dans la peau tu peux m’écrire de temps en temps m’inscrire aussi dans le timbre de la voix la température une fois qu’on est installé dans le creux des choses change assez souvent de couleur dans les contrastes noirs et sombres la chambre aussi quand on ouvre les yeux change assez souvent de couleur il faut changer les draps étendre le linge blanc dehors quand le soleil reviendra nous réchauffer la peau à ça à la peau on y pense très souvent dans des trains quand il fait froid le matin à huit heures quinze précise ça frappe à la vitre comme un oiseau mort de froid nous traversons la rue dans l’autre sens qu’est-ce que tu vois dans mon ventre que tu n’as pas senti hier une cage un singe une autre route depuis peu depuis que la peau a changé de couleur la douleur n’est plus la même elle est comment dire plus accentuée plus profonde plus animal plus au-dedans c’est derrière la maison plus excentrée que nous avons enterré avec un jeune chat roux et jaune un long morceau de fer plus rien ne va plus comme avant nous cédons du terrain de la terre molle et quelques dents vertes nous recherchons dans le sol les premiers pas de l’homme sur la lune nous inversons des choses en les changeant de place c’est logique et permanent tout se façade et tombe naturellement devant nous tout se transforme en or la ruche des abeilles le fer forgé des chaises toutes inclinées dans le même sens dans le sable à peine mouillé quand la mer monte je dois faire un effort surhumain pour me concentrer sur la ligne droite des cyprès qui transpercent le ciel avec une force incroyable et inespérée dans les mains je crois voir quelque chose et je me tais je déchire une pierre angulaire et l’avale avec ta bouche l’eau gicle et puis c'est tout pour aujourd'hui

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