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tu parcourais quoi tout à l’heure de régulier semonce après semonce avec des pétales et des angles pour faire remonter le lit à la manivelle
je te devine accentuée belle comme une gerbe de fleurs humide qu’on a jetée dans le feu pour éclairer la chambre
ça tue de te savoir ailleurs de te sentir mouillée dans un chandaille bleu nuit
c’est quoi toutes ces boites derrière la porte   
je viens en juillet pour réparer le toit de la maison
la pluie est une double échancrure un point final toujours fixe qui ne tremble pas dans la gorge de l’autre
on efface la sentinelle comme on peut prend ce qui est bon dans la bouche de l’autre
toute une forêt une dimension nouvelle de la terre pour se frotter les mains avec
il faut construire des routes approfondir de la peau sous des ongles pour attraper des choses avec douceur qui auront du rythme pour nous confondre avec du vent léger sous la cuisse
nous en avons besoin pour les 100 prochains jours à venir de cet amour là dans notre cuir chevelu
j’attrape comme je peux du soleil en grappe pour investir ce lieu d’images et de reflets
nous passons dans un jardin d’émeraude
nous cassons avec la même envie les larmes des statues subjuguées par le jour et la pénombre
il est midi au bain où le bronze sèche encore
la lumière n’est pas la même en haut plus basse il midi trente 
je nous offre une multitude de chose comme la souffrance et le bonheur
tiens je nous regarde à genoux en train de traverser un pont pour ramper dans ce vide une fois que nous serons en haut
je te vois sourire dans une lumière quasi parfaite comme c’est beau de voir ton fruit couper des dents tout s’inverse et tout se rentre dedans je nous offre
sans faire le moindre effort nous bouffons quand il pleut de l’eau gravée au centre d’un silence quasi intact
c’est je crois une espèce de déviance à tous les sentiments volés que nous absorbons dans un verre d’eau transparent en métal fin comme l’espoir comme la menace qui pèse sur nous
un archet du Sud de l’Argentine parle sous la table quand les chevaux sont morts de sel de solitude
entends cette chanson comme elle fait venir les enfants et vibrer les vieux
j’attends ce que tu vas me dire de faire ou de défaire
je frappe à ta vitre je fais venir des oiseaux je ne sais pas très bien où je vais
je longe ton dos mouillé échancré à la taille à perte de vue on dessine à main levée des cercles et des couleurs dedans
la rue est en train d’écrire la dernière page de mon livre c’est le silence que je guette à la page cent
nous sommes maintenus aux chevilles par des fleurs ultra naturelles en plastiques rouges jette-toi dans le feu pour qu’enfin j’applaudisse le jour naissant des chutes et des rappelles
ma bouche embrasse tes yeux pour mettre un manteau noir sur mon corps
jette-toi dans ton ventre pour accepter la mort d’une particule vivante parce qu’éphémère
parce qu’étoile parce qu’en ton sein
comme la passion comme une multitude de choses douces et affirmées comme l’écriture
je confirme qu’il faisait dix degrés ce matin en partant de chez toi
j’ai jeté des pierres dans des cailloux pour te fabriquer une montagne une mer d’huile à peine tenue par du sable et de l’humain
un truc complètement effacé fou et débordant de matériaux concaves et souples
j’aime sentir dans le creux de ta main cette peau où tu as noyé ma bouche
de tes nouvelles j’en aurais dans le fuselage des trains et des coursives
je t’appelle dans le sillage des hydravions pour bouffer ta mousse quand tu plongeras de n’importe où viens
je suis une espèce d’animal en voie de disparition je parle à des voitures je parle comme si la terre allait nous avaler en parcourant des plaines et des visages
j’aimerais peindre l’azur dégueulasse dans un monde en sursis pour bafouer les règles et les états d’urgence
l’écriture viendra brûler ma main quand je penserais à toi

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pour toi pour Amour