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[ l’errance de celui qui s’endort
ne doit pas être une attente
mais un équilibre et par conséquent
un mouvement ] [ d h ]












Onze heures trente huit quatorze heures quarante huit je recommence à vouloir dire des choses qui n’ont peut-être aucune importance c’est jeté c’est traversé c’est tout un combat qu’il faut démonter une sortie de route une nouvelle piste un petit animal déchiqueté par le froid je m’arrête au bord de la chaussée je regarde les pins le soleil à travers les pins se faire prendre et c’est très beau dans la rosée je profite d’une courte accalmie pour écrire un peu je jette de l’encre sur du papier énergiquement dessine une bouche avec un centre plus épais c’est pour les ombres et les endroits que je fais ça avec les yeux sans forcément penser à autre chose d’ailleurs je pense à toi à ta peau verte et policée aux cloisons neuves qui rentrent dans la peau au vent qui s’engouffre directement dans la terre sans faire de bruit ni attention la mort c’est quelque chose qui hante mon écriture et mon esprit ma façon de me déplacer dans la ville j’évite quelques branches je marche sur une lanière en cuir je ne peux pas me défaire si facilement d’elle ni dissocier ça de mon corps tout de suite c’est assez particulier la dimension qu’on donne aux choses c’est comme un amalgame une armature planté dans le sol direction la dent le ciel et la racine c’est collé à l’intérieur d’un souffle et d’une petite boite d’une molécule et d’un cheveux j’explique à des passants que j’ai perdu tout à l’heure le lacet d’une de mes chaussures on me regarde comme si je venais d’un endroit sombre et inconnu je m’imagine d’ailleurs très bien aller là-bas là où c’est sombre et inconnu je mendie de l’amour je pose un mur très compliqué à mesurer le terrain n’est pas propice à ça je compose une chanson pour des insectes encore vivants qui sont en train de construire un autre nid médian plus compliqué et absolu j’arrache une orchidée et la glisse directement sur le chapeau d’une vieille dame qui passe devant moi elle me sourit me dit qu’il fera certainement très froid demain matin dans sa chambre qu’elle sent des trucs bizarres lui traverser le corps et le ventre et que la fleur glissée dans son chapeau est un signal comme un appel une chose qu’elle attendait peut-être depuis longtemps je l’embrasse et l’accompagne encore un peu la serre dans mes bras et lui dit d’embrasser mon père si elle le croise un jour là-haut si c’est possible encore une fois et puis c’est la merde la plus totale tout reprend son maximum de vitesse et d’engagement on fait tomber des trucs parterre on désinstalle le chapiteau d’un cirque pour aller rire ailleurs parce que le sang parce que le sang c’est quelque chose de rouge et de magique comme une histoire ou le héro y meurt jamais. 

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