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dis-moi tu n'as pas froid une averse qui passe au-dessus de nos têtes de l'instabilité statique nerveuse qui se promène partout dans le corps qu'on ressent quand nous marchons toi et moi au bord prêts à basculer un cheval au galop la force des vagues une dent qui rentre dans la peau quand le ciel est incomplet violet grand comme ça violent sans faire de bruit nous le cachons dans nos poings comme une ville qui prend forme la nuit le jour le soleil qui vient un peu trop vite le nombre de kilomètres qu'il reste à faire avant de douter avant de partir la voix qui s'échappe un voile posé sur la bouche pour marquer les choses ensuite elle est terrible cette boule d'acier qui roule dans nos gorges par petites touches successives un point d'encrage un trait rouge pour dessiner à main levée des nuages blancs dans la marge d'un cahier d'enfant qui a peint son premier poème avec la bouche pour nous dire qu'il fait doux dehors nous nous inversons ton ombre qui disparaît sur la route ta voix qui se déchire en deux comme le parfum des fleurs éparpillés sur un sol bleu ferme et fragile comme la peau et les histoires d'amour qui tracent un trait sur le mot fin et c'est fini et on s'en va et c'est fini et on s'en va l'eau trace un sillon dans le corps d'une larme qui tombe et s'évaporera un jour avec le temps

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