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L INSUPPORTABLE

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RETOUR DES

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MINI-JUPES  part II

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oui madame je m’en rappelle très bien maintenant depuis qu’ils ont changé le banc de place pour le mettre ailleurs dans une autre cité ou dans une autre ville une église une autre école moi j’en sais rien que voulez-vous c’est que le monde a changé tout va très vite aujourd’hui madame
hier vous aviez un chapeau marron sur la tête avec un manteau blanc un peu trop long devant toutes les marches du cimetières que nous avons pris à l’envers comme des enfants étourdis frêles toujours en manque de quelque chose
le froid ça ne faisait que commencer ça tourne la tête ça fait mal aux jambes quand on est en haut on voit mieux la ville redescendre avec certaines lumières qui se suivaient déjà toutes dans un même sens je me recadre j'essaie je perds le ciel et du tissu  
oui quand j’y pense il y avait bien quelques tombes délabrées à côté d’un mur d’hôpital délabré également avec quelques poissons blancs sur le dos dans une fontaine ou dans un grand récipient jaune qu’il fallait bien vider pour prendre de l’air dans les poumons de quelqu’un d’autre
il fallait bien nous rétablir pour être vivant non
nous déplacer oui c’est ça nous déplacer en catastrophe pour atterrir et s’annuler complètement dans la parole de l’autre pour avoir à nouveau la main sur nous action rien la peur de demander son chemin ou l’heure qu’il est à une très jolie femme  
je fais action avec mon corps avec ce qui m’emprisonne je vous compresse je vous et votre chapeau pour décoiffer le vent c’est volontaire ou non d’écrire comme ça à travers l’ombre d’un grillage pour nous regarder dedans comme si cette goutte d’eau était dans un autre œil
je referme l’eau pour nettoyer ma bouche au robinet j’avais toujours mal aux dents j’avais quelque chose de léger qui se déplaçait toujours dans les poches j’étais devenue une sorte de kangourou moi je n’étais plus un homme vous savez
il y a toujours votre culotte qui sèche en plein soleil derrière le dos d’un autre enfant en boule qui compte en attendant son tour pour se lever vous suivre et courir n'importe où derrière vous
une course contre la mort
comme le désir et l’abandon

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