[ J'écris pour quoi pour tordre le cou
Pour enfoncer le clou pour tasser le dilemme
Pour détourner l'avion porteur
Décontaminer les lieux porter le coup
J'écris pour quoi pour remonter la rivière
Pour la défaite des fous pour le masque des morts
Pour creuser mon trou chasser les leurres
Pour décapiter la jungle pour passer mon tour
J'écris pour quoi pour embrasser le commerce
Passer la montagne
Pour ne pas mourir seul avec cet inconnu
Arpenter la tessiture
J'écris pour quoi j'écris pour toi
Pour mendier les éclairs
Me perdre dans la zone pour m'y méconnaître
Pour chasser les faisceaux des phares inhabités
Déclasser les butineurs
J'écris pour quoi pour un sac d'ombres
Pour la marche pour ton hommage
Pour me faire étranger
Intrus dans une meute de sourds ] [ f l ]

 

 

 

TABLE

 

 

J’écris pour quoi j’écris pour passer entre mes fesses
Le fin buvard de notre pourriture immonde
Avec le reste qui ne s’accroche pas tout de suite
Pour nous faire tenir debout bien droit
La voix de velours
Lactée profonde
Pour nous entendre dire
Que dans un corps
Flotte un peu de plomb
En haut avec du fil
Pour que tout tienne
En apparence
Il y a plusieurs livres blancs ouverts à la même page
Tu vas faire quoi
Je vais écrire
Toute ton histoire
Sur un ruban bleu
Lesté dans le vide
Pour attraper avec mes doigts
Un peu de lumière
Et d’électricité statique
Pour mesurer ma performance avec de l’oubli
Un peu d’absence un peu de tout ça
Ah
Si je pouvais en ramener dans mes filets
De ta peau pour la quatrième page de couverture
Un couvert une agrafeuse
Additionner le temps qui passe avec des miettes
Et puis le soustraire pour donner du temps au temps
Des lettres brassées dans un chapeau de magicien
En or massif
Après les lapins et
Les dernières sommations
Je lève les bras
Au ciel
J’appuie là où ça fait mal
J’aimerais bien moi
La ruse
Sodomiser l’azur,
passer entre,
renaître au bout de rien
Deux 3 textes et hop le tour est joué deux lignes,
Et un fragment
Tout
Eau
+
j’ai le ventre jaune
A l’ovale des poissons
Cognés re cognés qu’importe
Les angles morts
Et comment nager le plus vite possible après son ombre
A elle
Qui me tourne le dos si souvent autour comme une galaxie
Lointaine et fantôme
Ou comme un mot dans la phrase qu’il faudra pourrir
A tout jamais
Je vois
Les premiers stigmates
Je sens
Les premiers symptômes
Le contrôle Est
Le territoire perdu où le corps a gardé toute la nuit
La rosée du matin sur sa bouche
Comme une encre
Violette et volatile
A souhait pour faire durer le plaisir pour faire des dessins sous la peau
La lèvre dure le socle tout incliné des soleils disparus
Entre nos doigts pour noircir des feuilles à défaut d’autre chose
Le cahier d’un enfant endormi,
la couche culotte d’un nouveau né,
des cheveux blonds dans la brosse à dents des poupées sans tulles et sans petites dentelles pour agrémenter le silence dans l’assention des pachydermes empaillés dans la boue des coqs de combat
Qui n’en demandaient pas temps
D’infléchir et de se retourner
Pour trouver la clé du néant
Dans des gestes fous
Comme la rature
Le sigle
Et le retour à la ligne
D’un chariot métallique dans le coffre en bois des jouets
Miniatures mais
C’est beau de réfléchir à ça
A l’autre camp
A la baballe dans la tête
Pour trouver de l’encre dans un trou
C’est peine perdu j’écris pour quoi
Et pour quelle dimension possible et
Nécessaire à la pente
De mon mètre soixante treize j’écris pour quoi,
J’écris pour toi
J’écris pour les morts qui ont poussé ma main
Avec leur urine dans du nerf
De toute façon faire ça ou faire des ricochets dans l’eau
C’est la même chose. J’écris
pour faire l’amour avec maman
car si j’écris le père
hein si j’écris le père
ça n’a plus de sens
d’arroser le jardin après la pluie
les dimensions nouvelles
qu’il faudra trouver dans les aquaplanings
Encastrés dans le fur et à mesure du temps pour voir que la salive est un peu plus salé à cet endroit là du monde quand tu me marches dessus comme un cheval au gallot dans le pollen des hommes et des femmes qui ont compris que l’écriture est bien moins importante que de baiser offrir son corps donner c’est ça ouvrir ses cicatrices comme un grand trait d’amour ou cri selon l’exposition de la lumière qui entrera le mieux comme une onde de choc dans la peau de celui qui verra passer une comète dans le ciel
A reculons je cherche
Un papier plus anthracite que la mort et le discours des pauvres sur tel ou tel combat que nous devons perdre à tout prix
Pour toucher le ravissement des fleurs
Leur arome
Leur poison
Dans nos yeux à vifs
Et le cœur pointu de toute création que l’homme
A devancer sur sa propre mort
Pour écrire en aveugle
Comme un tireur couché
avec ma propre merde au cul
Quand moi j’ai peur
j'écris pour quoi
j'écris sur une table j'écris pour quoi
J'ai fin