BACON

 

 

 

 [ Je mets toute ma vie dans ma peinture ]

 

 

 

 

Cherche bien dans la terre où les murs dépassent tête bêche on y voit comme une fissure une arête un éclat doux un espace étanche une clinique neuro je le perds je l’avais pourtant hier dans la bouche ton bonbon acidulé très tendre et très doux en forme de cœur ou de plaie c’est selon comment je me suis digéré je m’absorbe je me perds en chemin à la longue quelles pierres un terrain où la maison est posée le sas qui me transporte une petite boite une petite boite on s’enferme on est dedans on recommence à aimer les tableaux noirs l’acier qui se transforme en chapelle l’ivoire pour couper les lettres à la lumière du jour qu’on envoie à sa propre adresse pour exister un peu on refera le monde on refera la conquête de l’espace le blanc est modifié on modifiera tout jusqu’à nos pas dans l’ortie blanche dehors dedans grandeur et volupté caresse animal fleuve et j’en passe bien plus que j’en donne des sourires à des gens qui me voulaient du mal dans la pénombre je n’avance plus vers moi je me coupe seul les cheveux pour que plus personne ne me touche c’est décidé je m’oublie sous la couche des peintures laquées des tableaux invendus c’est écrit quelque part on m’inonde un pense bête la piqûre d’un insecte au bras sous l’épaule comme une histoire à suivre sans moi j’étais où et dans quel courant électrique pour supporter tout ça un morceau de tissu se perd comme un aimant trop court pour me rattraper à quelque chose qui glisse c’est devant c’est devant nous on est venu après je mets l’auto radio comme un automate une machine bien huilée sur les mauvaises nouvelles du monde le monde va comme il va et puis et puis je vois mon ombre qui est toujours plus grande que moi alors je ne sors plus quand il y a du soleil je reste chez moi je reste chez moi un terrain où la maison est posée...