je déteste les gens qui tuent les araignées


 

 

 

 

 

Le plus difficile c’est de trouver les mots quand quelqu’un s’en va, j’en ai laissé sur mes paumes des traits de toutes les couleurs, tu peux les compter avec tes doigts pour les disperser ailleurs, à bon escient salut tu ne peux rien pour moi, regarde je n’ai plus le temps d’accrocher les remorques aux wagons, tu verras peut-être du ciel bleu qui sait nous confondre, et après qu’est-ce qu’on va faire de nous si on ne meurt pas tout de suite, un ultime chemin qui nous suit nous prolongera peut-être ou peut-être pas, il y a sur les murs de la cloison de la terre meuble pour caresser l’acier, je marche dessus tout doit disparaître et tout recommencer, je sais tout ça je sais que quelqu’un nous appelle et on ne répond pas, on se tait on aimerait pourtant dire des choses, dire des choses, le plus difficile c’est d’écrire les yeux fermés quand on a sommeil, il est 3 heures de l’après-midi le ciel est ce qu’il est, on le distingue encore mal je crois avoir doublé mon ombre tout à l’heure, enfin j’en suis pas sûr et même si ça pouvait changer l’ordre des choses, en premier je choisirais l’équilibre au mouvement que je dois faire, et je le fais je m'oublie je m'oublie et je le fais, je fais comme le chien je suis content je remue la queue, j’accepte tout et son contraire de vivre et de mourir un peu, tu les entends venir toujours vers toi tu les entends, je sors et je re rentre je suis trempé la route est devant moi, je sors et je re rentre la route a disparu n’existe plus alors, alors pour oublier la route j'ai choisi la peau comme tuteur, pour tenir encore une heure debout à dire n'importe quoi, parce que parce que personne m'écoute ah si j’avais su la première fois, si j’avais su qu’on me regardait pour ce que je ne suis pas, j’en aurais écrit des choses à l’envers pour raconter le monde tel qu’il est, dégueulasse et beau sombre et lumineux mais, tu peux le mettre aussi dans un ordre différent si ça t’arrange, tu peux le mettre à ta sauce le goût et la couleur des choses hein, qu'est-ce qu'on n'en n'a à foutre finalement de tout ça, tu veux refaire le monde refaire monde ça ne changera jamais, la couleur de mes yeux rien pour sentir la falaise abrupte au plus profond de nous, des oiseaux morts des enfants qui grandiront peut-être, des espaces libres à la conquête de rien, je dois laisser ma place à n'importe qui mais nous sommes presque rien, alors toi ou moi c'est la même choses non, toi ou moi c’est la même chose non, moi j’aime bien les araignées elles sont plus intelligentes que nous, les araignées et mères aussi de formidable mère, je déteste les gens qui tuent les araignées, le plus difficile c’est de refermer le livre qu’on vient d’écrire, pour des roses blanches pour que dalle pour être beau, si je m’en vais moi aussi j’aimerais que la ville soit noir de monde, et blanche comme le livre que je viens de manger à quatre pattes devant le zoo, où des singes se moquent de moi se foutent de ma gueule je le sens bien, que le temps est à la pluie je regarde mes mains dans la terre, que porte mon visage, mais c’est une évidence toute relative on reviendra ici se faire mettre dans le dos, et on repartira content car c’est écrit sous la peau dès la naissance, l’architecture des larmes est déjà programmée, comme une essence un liquide un frein le pardon aussi, l'araignée avait le droit de vivre non l’amour en a détruit plus d’un, et c’est la base de tout sinon tu crèves aussi, on doit se tenir debout quand on descend sinon on tombe, et on te marchera dessus c’est déjà fait tu ne ressens déjà plus rien, ton ombre s’exécute et le ravin sera ta bouche, pour calculer tes pas dans le palais des nombres, encore un encore une que tu rajoutes avant de tomber n’importe où et, et c’est fait on est content on a refait son œuvre nous aussi on fait, on fait le tour de la maison on fait n’importe quoi, on peut s'écarter du jour on peut y a la place, tu peux entrer, y a de la musique pour t’accompagner tu les l’entends, tu les entends venir vers toi tu l’entends dans ton cœur comme elle vient, c’est lancinent même pas prémédité c’est comme ça qu’était la cage du début jusqu’à la fin, mais c’est bientôt terminé, et haut les mains que plus personne ne bouge, ici