ON VOYAGE COMME ON PEUT

 

 

On voyage comme on peut tu les vois nos absences chroniques nos rires au fond de l’eau bois bois jusqu’à la lie la laisse qui traîne entre deux cordes où ton corps rebondira toujours il est temps d’avancer un peu plus loin chantonne chantonne l’eau entre les galets pour retenir ton souffle les petits papiers multicolores nous suivent à l’arrière de l’automobile pour nous griffer des mots la peau en redemandera toujours des coups de la douceur les yeux fermés tu cours tu cours s’envoler dans le vent au rythme des secondes tu sais tu sais les retenir les gémissements les coups de tondeuses je suis sec tu es presqu’ici à t’échapper encore de toi passagère nomade chariot métallique pour nous transporter on voyage comme on peut on voyage comme on peut on respire avec son nez des parfums qui nous serre d’appât filet atome il faut s’en sortir des masques nous plombent l’eau noire est là j’avais ton corps j’avais ton corps dans les doigts j’avais tes soleils pour frémir monter si haut une fois que le voile nous a traversé transparent promis des hivers torrides dans la bouche d’une autre est-ce toi qui bois de l’eau pour faire tenir les murs entre les arbres à gauche et moi j’écrirais j’écrirais ton nom à l’encre avec mes coudes on voyage comme on peut il est temps d’avancer minérale alors dort dans mes cheveux pour comprendre le monde là où il est dit de vivre casser la fenêtre baisser le store toucher la paroi avec sa langue je souffre un peu tu sens la colère l’ordre de faire demi-tour en arrière pour sentir le vent venir partir nous engloutir on aimerait boire de l’eau pour construire une fenêtre un corps même un passage pour disparaître et nous étions nus dans l’autre on voyage comme on peut on voyage comme on peut j’avais ton corps j’avais tes soleils on voyage comme on peut demi-tour.