chris

 

 

 

 

Je ne peux plus voir les autres, devant moi, un léger vent, un léger voile me trouble, souviens-toi de ces gens là, lignes courbes, droites, paradis, feuilles mortes brodées sur le tissu, où dedans, où en-dessous, au travers, dans le coin le plus sombre de la boite, où tu attends, peut-être qu’elle est trop petite, étroite, trop courte, confinée dans cette chambre là, où tu dors, où tu sommeilles, tu te réveilles pas, pourquoi tu te réveilles pas, il fait noir, il fait tout le temps gris dehors, à l’intérieur de toi, c’est comme une usine, ou un soleil trop bas, tu attends je crois, j’aimerai te réveiller, réveille-toi, je crois, mais je n’en suis plus sûr, on doute beaucoup, tu sais ici, on doute de tout, il fait froid, c’est tout ce que tu retiens, et la chaleur aussi, un peu trop écrasante, une ombre au-dessus de nous, qui tourbillonne, une coccinelle qui nous suit, toujours derrière toi quand, la surface est chaude, l’été, la surface monte et le rebord aussi, ça déborde, ça vient parfois quand il est tard, tout seul, et on pleure par 2 fois, ça tombe dans un mouchoir, brodé, non ce n’est pas le fruit du hasard, tout est chiffré d’ailleurs ici, sur des autocollants des buvards, des trucs qu’on met derrière, au dos sur des produits, et puis tu fais le rapprochement, toi aussi, qui tu es, qu’est- ce qu’on vaut, sur une échelle de 10 à onze, comme sur l’échelle de la douleur, tu sens le vide, la main se refermer, l’écart qu’il te reste, et l’ombre qui disparaît, mais t’en sais rien, de l’écart qu’il te reste dans les mains, l’air que t’aimerais lui donner avec ta bouche pour sonder le rebord de la vie de la mort, s’il en reste, t’aimerais lui parler, lui ouvrir la gueule pour crier, mais y a plus rien qui sort, il faut être doux, violent muet face à la mort, alors on fait comme on peut, quand c’est bien agrafée, la robe fait comme un fantôme, la robe tient toute seule dans le vent, alors t’as mis sa bague et ses vêtements, pour la toucher encore, tu vas tu viens vers elle, et c’est l’été sans elle qui commence, y a du soleil et des enfants et des marelles, c’est des cubes blancs avec des traits pour séparer les étages, on descend, une fois dépasser le trait, on n’arrête pas de descendre avec elle, c’est vertigineux, un pas et puis 2, c’est dangereux, toujours le même, et puis l’autre, et puis l’autre de travers, on hésite, on tremble, on est sur un fil, quand tous les muscles deviennent un peu moins souples pour traverser la ville, les contres allées, les grandes artères, les boulevards, les champs de blé, les grandes poupées en forme de coquelicots géants, et puis le jardin des morts, en face de nous, pour être avec elle