georges clooney

 

 

 

 

Tu crois que t’es mort, depuis qu’on te l’a dit dans ton sommeil, tu comptes les heures et les minutes, et les semaines, il est quelle heure, tu n’as plus pied, quand tu touches le fond, tu touches ta vie, ta petite vie de merde bien remplie, conditionnée, toujours la même, sans surprise, sans confession, sans saveur, t’es dehors et t’es dedans, tu ne fais plus la différence, entre le bien et le mal, tu as perdu tous tes repères, pourtant tu gardes espoir, sur la pornographie et l’érotisme, tu confonds  tout, le désir et la violence, oui le sexe parlons s’en, de la masturbation et de la peau, et pour 50 euro de plus, tu peux avoir la finition, elle te finit avec la main, avec la bouche, elle te dit que c’est un peu plus chère, elle te finit, la mécanique de précision est bien huilée, c’est terminé le va et vient, tu fermes les yeux et c’est fini, tu spermes, tu prends une douche, tu te rhabilles, il faut rentrer chez toi, t’ouvres la porte, tu crois que t’es mort, mais la douleur est supportable, alors tu continues la route, comme tu dis, on verra bien demain, tu verras rien demain, faites vos jeux, rien ne va plus, mais qu’est-ce que tu croyais en venant ici, non mais sans blague, redescend, le rêve est terminé, stop, ouvre les yeux, reviens dans la réalité, installe-toi, reviens avec les autres, tu resteras comme eux, amer et dur dans la défaite, tiède et vaincu, froid, il n’y a pas de solution possible qui s’offre à toi pour l’instant, pas de miracle, ni d’instantané, une excroissance de peau soudaine sur le sein gauche, ça te fait mal, et ça parcoure ton être, t’aimerai te foutre en l’air, et ça devient logique, t’y pense comme un appel, ou un médicament, t’aimerai juste essayer pour voir, t’y pense, mais y a la douleur physique, et comme t’as peur de tout, tu ne prendras aucun risque , tout ça reste dans ta tête, le corps ne suivra pas, le corps finira sa vie comme il l’avait commencé, seul, hébété, sans prise de risque, qu’est-ce que tu pourrais faire maintenant, de tangible et de beau pour occuper ta vie, t’y pense, mais la complexité du désir est réservée aux femmes, enfin c’est ce que tu crois, et tu développes, tu ne lâcheras plus rien maintenant dans cette affaire, c’est trop tard, tu dis, que le bonheur est identique à la mort avec son cortège de fleurs, t’en sors pas, t’écris les yeux fermés, que c’est ta propre histoire, que tu n’as rien inventé, rien pris, tu dis simplement, avec tes mots à toi, que toutes les belles paroles peuvent aller se faire foutre, maintenant que la messe est dite, tu prends des petites routes, tu vas moins vite, tu respires pas, tu t’emmerdes, tu rêves d’une autre vie, tu n’arrêtes pas de dire, que ta vie est un tas de merde, que ta vie est foutue pourrie, ratée depuis l’enfance, que tu la portes sur tes épaules comme un poids mort, il y a des murs, il y a des murs et ton corps plonge dedans, pour exister pour ressentir cette douleur, il faut faire quelque chose et puis après plus rien, tu oublies d’être, t’es dans ta propre prison interne, c’est l’échec la défaite et le retour au source, une chute programmée, un immeuble en train de s’effondrer, de descendre, il est quelle heure, es-tu encore en vie ?