Tu es dans toi. Prisonnier sans doute. De quelque chose qui te dépasse. Tu es si petit. Quand tu te regardes. Vivre et mourir. Il est 8 heures et car du matin. Qui t’emmène. Très loin de chez toi. T’aimerais dormir jusqu’à ce soir. Et ne plus jamais te réveiller. Tu attends que quelque chose se passe. Et rien ne vient. Réveiller la douce quiétude de ton ennui. Il est l’heure. Mais il est l’heure de quoi. Tu dis qu’il est l’heure de sortir. De ce ventre. Du corps. Du coma. Et de ta mère. Et de la peau. Et de ta merde. Tu dis. Qu’il y a du souffle. Dans la vie. Dehors. Comme dans une montre. Ou dans une rose. Il est quelle heure. Il est 8 heures trente. Quatre. Quelque chose ne va pas. Et tu le sais très bien. Que quelque chose ne va pas. Et tu le sais très bien. Les heures ne passent pas comme tu voudrais qu’elles passent. Et t’y peut rien. Dans le cadran solaire. Il y a peut-être un livre noir. Qui t’empêche de voir correctement les choses. Mais t’en sais rien. Tu subis tu digères tu dégères tu subis. Tu fermes des portes sans les ouvrir. De la lumière tombe dans tes mains. Au même moment. Comme si t’étais pris dans un piège. C’est quoi cette lumière bleue qui te transperce la langue. Tu peux plus parler ni respirer. C’est quoi cette merde qui te réveille la nuit. C’est comme de l’eau. Qui tombe tout le temps sur ton visage. Pour te rappeler. L’échec le vide la soumission aux autres. C’est pire qu’un lac gelé. C’est pire que l’enfance assis sur un banc en train d’attendre en train d’écrire dans le froid. C’est pire que tout. Ton petit cri au fond de toi pour exister. Mais il y a mieux que ça. T’en a rêvé si souvent. Mais cette chose là n’est jamais arrivée. Qu’une balle de révolver te rentre dans la tête. Et que ça laisse un petit trou. Dans la peau. Pour rentrer dedans. Et disparaître pour toujours. T’en peux plus. Pourtant t’encaisses. T’en peux plus de voir tout ça. Tu considères même. Que cette chose là a trop duré. Dans le temps et dans l’espace intemporel. Mais tu vas tenir. Tu vas tenir encore un peu. Dis-moi. Est-ce que tu vas tenir encore un peu. Entre les cordes. En nylon. Que sont les muscles de ton corps. Tu dis que oui. Tu dis que non. Enfin t’espère. Tu dis que t’en n’as l’habitude. De tenir comme ça dans le vent. Ça tient la route ça tient tout seul. Et rien t’empêches. Tu tiens tout seul dans tes bras. Tu sais faire et défaire. Le lien. Te tenir droit quand tu tombes. Sur toutes les plages. Quand il y a trop de vent. Les cerfs-volants se cassent la gueule. Tout seul. Se lâche. Mais pourquoi tu bloques. Ta respiration comme ça. Saigne un peu pour voir. Si t’es comme nous si t’es comme moi. C’est pas trop mal. Tu as toujours les mêmes distractions. Le même pas derrière l’autre. Dans un tunnel. Dans la gorge. Dans l’éphémère. Tu sais très bien que le plus petit sera bouffé par le plus fort. Trajet rejet.

 

 

 

Tu vas y aller. Tu y vas. Plonge sonde. Maintenant. Que tu es dans le monde. Nage brûle prolonge détache-toi. Ton corps est si petit. Qu’il ne rentre pas. Qu’est-ce que tu vas devenir. Qu’est-ce que tu vas faire ensuite. Ton corps est si étroit. Après. Après bien après. Il sera trop tard. Pourquoi tu tournes la tête. Le corps et tout le reste. Qu’est-ce que tu regardes. Machinalement comme ça. Qui penche un peu. A côté de la route. Où le soleil ne rentre plus. Plus rien ne sèche. Plus rien ne bouge. S’installe. Et attend. Les arbres sous la pluie. Sont comme des grands totems. Doux. Ils nous ressemblent un peu. Ça ne changera donc. Plus jamais. Tu dois faire avec. Tu dois attendre. Que les heures passent. Péniblement. Sans vitesse ni secousse ni phare. Sur la route. Et dans la peau. Pour te regarder en face. Elles passeront sur toi. Sur tout ce que tu touches. De loin de près. Pourquoi tu doutes. De tout. Et de ça. Et de tout. Et de ça. Qu’est-ce qu’on t’a fait. Tu ne réponds pas. Et pourquoi dire et pourquoi faire. Que répondre aux autres. Que répondre aux autres. Ça fait bien longtemps que tu ne veux plus voir personne. Tu te tais et tu te terres. Tu es chez toi. Comme marié au silence. Tu ne veux plus rien dire. De frais d’ordinaire de comestible. D’envisageable. Tu sembles avoir abandonné la partie. Depuis si longtemps déjà. Tu n’es plus dedans.