suicide-toi mon fils

 

 

 

 

 

Aller c’est mort. Mais c’est toujours la même chose. Qui arrive juste après. C’est la dimension du vide. L’abîme c’est bien la chute. L’obstacle est bien réel. Alors. Ce qui va suivre. Restera à jamais. Graver dans ta tête. Allez c’est mort. Suicide toi mon fils. C’est trop tard ou trop grand. Pour espérer un peu. Jette-toi. Recommence. Toi aussi tu as droit. A une seconde chance. Alors si c’est trop tard et si c’est mort. Suicide-toi mon fils. Tu as remarqué. Tout à l’heure sur les corps. Qu’on mettait du sable sur la route. Après un grave accident. C’est pour célébrer la mort. Mais la mort c’est rien du tout. C’est pas grand-chose. C’est pas grave. C’est juste une habitude qu’on a. Tu t’en rappelles. Tu t’en souviendras toujours. Suis-moi. Ne te retourne pas. Tu t’en rappelles. De la mise en demeure des sentiments. Légers comme l’air. Que tu avales. Que tu respires. Dans ta bouche. Et pas dans une autre. Que la tienne. Tu vas rester là. Pendant des heures. Des nuits entières. Seul. Et sans soleil. Tu vas écrire. Pour ne plus jamais. Te mentir à toi-même. Tu dis. Tout bas. Que le ciel va tomber qu’il change de couleur que le ciel est sombre. Tu dis. J’ai raté le bonheur. Même ça tu l’as manqué. T’as même pas eut la force ni le courage. Ni l’envie. Qu’est-ce qu’on va faire de toi. Il est quelle heure. Qu’est-ce que tu vas devenir. Et pour la première fois de ta vie. T’aimerais faire l’amour avec un homme. Abandon de l’égo. Peut-être. Peut-être pas. Abandon de l’enfance et de l’amour. Des jeux innocents. Qui vous plombe. En plein ventre. Peut-être que le désir t’échappe. Tout naturellement. Et puis tiens. Tu reçois un message. Laissé sur l’appareil. Alors t’en envoie un. Toi aussi dans une bouteille. Toujours la même. Ça n’a pas changé. Depuis la dernière fois. La bouteille est compacte. La bouteille est en plastique. La bouteille est transparente. La bouteille est noire. Et tu la jettes dans un étang. Ça fait du bruit. Ça fait comme un éclat blanc. Un déclic sur la peau. Un réveil. Ça rebondit. Ça fait partir tous les oiseaux. Les grands comme les petits. Il n’y a pas de différence. Avec les oiseaux. C’est ça qu’est bien. C’est pas comme nous. Il n’y a pas de différence entre les grands et les petits. Et t’applaudis après. Du spectacle offert à tout le monde. Ça fait même rire les enfants. Mais les enfants. Tu les aimes pas. Parce que t’en a été un. Bien élevé sage et poli. Comme on t’a dit d’être. Et t’as suivi. Toute ta vie cette ligne là. Tiens-toi droit tiens toi bien. Dis bonjour à la dame. Dis bonsoir à son chien. Ne répond pas. Range ta chambre. Retire tes doigts. Mets tes mains sur la table. Ne bouge pas. Je t’interdis de répondre. Aux gens. Que tu ne connais pas. Ne tire pas la langue. Ne sois pas toi-même. Tiens-toi droit tiens-toi bien. Dis bonjour au chien. Dis bonsoir à la dame. Fais comme on t’a dit d’être. Et tu seras quelqu’un de bien. Mon fils. Tu viens d’écrire. Sous la lampe. Qui éclaire mal. A cette heure-là. De l’après midi. Cette phrase. Qui te colle à la peau. Depuis si longtemps. Déjà. [ Je sens le cercle évident de la mort qui s’agrandit sur moi. ]. Quoi dire d’autre. Qu’est-ce qu’on pourrait mettre dedans. Pour que ça ne s’étale pas. Quoi faire. Mais rien du tout. Semble dire les autres. Tout autour de toi. Langue de pute. Allez-vous faire foutre. De toute façon. Tu n’y crois plus. Au micro sillon de l’amour. Aux vendanges. Aux belles paroles. Tout ça c’est du vent. Tu n’y crois plus. Au siècle des lumières. Aux formes évolutives carénées. Des belles voitures. Et des carrosses. Dans le parc. Lumineux. Bien aéré. Non tu n’y crois plus vraiment. A la beauté sauvage. Dénudée des femmes. Ça te fait mal partout. Même au-dedans. Est-ce que tu saignes. Quand tu appuies là. De toutes tes forces. Est-ce que tu sens parfois. Un os se déplacer dans ton cœur. Quand tu aimes. Toutes ces palpitations. En longueur. Que tu ne ressens plus. Non. Tu n’y crois plus vraiment. Aux ondes positives. Comme au choc des civilisations. D’ailleurs. Qu’est-ce que tu pourrais faire. Pour déverrouiller l’appareil. Tu es trop fragile. Trop cérébral. Trop rien du tout. Tu n’es qu’une petite machine à fabriquer de la merde. Depuis que tu manges. Avec tes doigts. Depuis peu. Tu manges avec tes doigts. Regarde. Pourtant tu nages toujours où tu as pied. Par manque de fond et de synthèse. Tu es prisonnier de tout. Des autres et de toi-même. Ton corps a des plaques rouges. Et des endroits trop secs. Il faut se rendre à l’évidence. Quelque chose est mort. Flotte vascille tombe. Tu bouges à peine. Par manque de place. Et de confort. Non rien ne changera. Vraiment. Quelque chose est mort. Et baigne dans toi. Tes désirs. Où sont parties toutes tes envies. A la flotte. Et l’amour. Tes manques sont comme des pièges. Des sangsues affamées qui te collent à la peau. Jour et nuit. Tu pousses des cris dans une cage d’escalier. Comme si tu venais de naître. On dirait presque. Une extraction de dent. Interne. Que tu te fais. Avec les ongles. Ça saigne un peu sur le dessus. Mais ce n’est pas contagieux. C’est la rage le sida la sagesse. Qui sont contagieuses. Pas nous. Tu sens quelque chose qui se déplace sous la peau. Comme si un os se détachait. De ton cerveau. Qu’est-ce que tu cherches. Dans tes poches. Du fil dentaire. C’est ça. Répond-moi. Qu’est-ce que tu cherches. Qui fait masse et ne prend pas. Directement. Qui s’accroche pas qui fait mal dans tout ton être. Du fil dentaire. Pour sectionner le nerf. Qui t’empêche de vivre. Correctement dans ton corps. Celui qui fait la parenthèse. Entre le mal et le mal. Le mal bien pensant qui te ronge. Et t’absorbe et t’avale. Quand tu dors. Mais tu ne dors pas. Tu rêves d’une eau glacée qui plonge en toi. Pour disparaître devant. Tu penses à quoi devant ta mère pleine de sang et de merde. Et toi au milieu. Qui ouvre les yeux. Maintenant pour le restant de ta vie. Suicide toi mon fils. Le mal bien pensant la maîtrise. Et l’ouverture des sentiments comme on ouvre des fenêtres. Quand il fait froid. Ta mère te disait. Quand tu étais dans son ventre. Suicide toi mon fils. Je sais je sais tout ça et après. Bien après. Tu penses à la masturbation féminine. Faite par un singe. En érection liquide. Enuque. Tu penses à quoi. Quand tu meurs un peu. Dans les parfums féminins. Qui te frôlent et t’enivrent. La nuit. Tu penses à quoi. Dans les ascenseurs. Suspendues. Comme des cages. Dans les trains. Autour de toi. La rue est malade. De jolies filles et de sexualité. T’aimerais les toucher. T’aimerais les suivre n’importe où. T’aimerais les embrasser. T’aimerais leur mettre du fil dentaire dans la chatte pour t’écarter des peaux. Mais tu vas bientôt mourir. Est-ce que tu le sens. Je l’ai vu. Ressenti. Tout à l’heure. Dans la rue. Tu étais déjà mourant. A l’intersection de cet angle. Où tu as longtemps attendu. Avant de traverser. Il y avait du monde. Et dans l’urgence. Tu as couru dans la ville. Une course folle. Ou tout. Ne tient plus. Qu’à un fil. Ou tout. Va bientôt s’écrouler. Sous tes pieds. Et ce soir, dans cette chambre d’hôtel où rien ne va plus, tu regardes ses fesses son corps et son cul, et le temps qu’il reste à mourir, pas même un morceau de sucre salé, une branche sur un oiseau, une forme opale ou un morceau de craie, pour délimiter le temps, autour de toi, l’ombre de ta main tourne sur elle-même, pour effacer tout maladroitement, il est quelle heure, il est 4 heures 34 du matin, t’aimerais lui parler, ou accentuer cette fin, de non-recevoir, pour accepter, et ce, bien malgré toi, t’aimerais lui parler, de toute forme de défaite, car tu n’as plus le choix, descendre toucher ramener l’eau, suivre avec ta bouche, les lignes bleues dans le froid, quand tu n’as plus sommeil, t’aimerais appuyer sur le sexe d’une arme à feu, dans l’anti chambre des corps rompus perdus c’est la folie qui te quête, c’est toi qui va pleurer c’est toi qui va perdre, dans tes propres mains, te mettre à jour, maintenant c’est ici, que tu vas filmer, ta dernière chance, en face de la caméra, une jeune fille te dit qu’elle veut se masturber devant une autre fille, et s’en est trop, tu coupes la connexion. Ton corps. Parlons s’en. Maintenant de ton corps. Tu veux bien. Présentation. Office 365. Tu vas dans un club. Tu regardes la porte. Et les personnes qui rentrent. Mais toi t’es dehors. Et tout s’arrête déjà. Tu n’es pas accompagné. Tu es seul. Et tu comprends. La difficulté d’être un homme. Mort vivant. C’est pareil. C’est la même chose. Alors tu marches et tu reviens. T’as fait ça toute ta vie. Alors c’est normal. Que tout aille bien. C’est fonctionnel chez toi. C’est rassurant. C’est ton rythme de tous les jours. A prendre. Et à laisser. Tu es dans la normalité progressive de ton existence. Tu souffles dans tes mains pour te réchauffer. Tu attends encore un peu dehors. Et tu t’en vas. Revenir ne servirait à rien. Il faut partir maintenant. Tu as très bien compris tout ça. Pas la peine d’insister. Le sexe est une moitié de l’autre. Le sexe est comme une maladie sale. Incurable. Qu’il va falloir combler seul. Et soulager vite. Tu vas te masturber. Devant des jeunes filles. Au sexe rasé. A la pilosité exquise. Devant des films pornographiques. C’est pour ça. Mais t’as du mal à jouir. Tu bandes mal. Ça vient pas. Il est tard.