finalement
qu’est-ce que c’est que l’amour
j’entends rien
je n’ai pas de réponses
ni même un cri
serait-ce le mouvement
de ton épaule qui me frôle
quand je me débats seul dans l’eau
pour boire dans ton ombre
les restes d’un soleil
triste  

je suis perdu
je t’ai cherché
je descendais à pieds la rue
de la grande ville
urbaine
avec ses métaux
bien alignés
comme des bateaux noyés
dans de l’eau brune
je suis là
je ne serais jamais comme eux
même ici
là-bas
c’est fini
être une femme
un homme
pour mettre dans une de nos enveloppes
le charme
l’amour
la mort

l’amour
la mort

nos peaux d’apocalypses
tissées dans la toile
tendu pour nous mordre
et après

qu’est-ce que c’est que le désir sans faim
frappe dans tes mains
plus fort que moi
et signe comme un aveu
troublant
ta propre mort
si dieu existe

j’aimerai te  mordre
pour mieux sentir ton bras
l’écorce d’une dent
ce laps de temps
qui nous échappe
comme une odeur
ou pire comme un parfum
si délicat posé sur la peau
ton bras

j’aime pas ta salive
j’aime pas ta bouche
vers le bas
tout en haut
le verbe
et puis les mots qui l’accompagnent
quelle fin tragique
car nous l’avons rêvé si fort
c’est beau
car c’est multiple
la fin
tu peux jouir sur mes seins
dans ma bouche
finalement
qu’est-ce que c’est que l’amour
qu’est-ce que c’est que l’amour

c’est rien du tout
le corps et ses pratiques
son sexe à elle
ouvert
comme nos blessures
interne
ça comblera le vide  
disais-tu

cette mouche

sa bouche totalement or de moi
comme une nuée d’insecte
à bout de nerf
ils sont jeunes
et beaux
tombent
ça bougent encore

et rien ne pourra l’arrêter
elle se laisse faire
son corps à elle
et plus la pression monte
pourquoi tout ça
oui pourquoi fuir dans l’autre
quand tout est sans issu

elle me tient
et je ne m’appartiens plus
c’est comme si
j’étais dans une grande prison de peau
sadique et dingue
comme une très belle femme
dans son pantalon huilé
salope et castratrice
je t’aime

et plus j’aime
et plus je suis malheureux  
la honte est comme un langage perdu
territoire esquinté
toujours se battre
pour toujours être le premier
comme une cause animal
et l’homme dans tout ça
car la femme ne sait plus

profane  
et totalement nue
je vois ses pieds dans la glace
qui me marche dessus

et après
rien
son cul
bien plus puissant qu’un livre
pour mieux comprendre
ce qu’est l’amour

quelques cerises
dans sa bouche
ouverte
fermée
pleine de lumière  
en vogue
intime
pour exister
un peu

tu sais
pendant deux ans
j’ai masturber des hommes
sauvages
pour me venger des femmes  

je voulais être un roi
foudroyé
seul au monde
le suicide plus ou moins
tâché dans des endroits sombres

j’étais si pur
les seins à l’air
les mains collées à son corps
des commotions  
réelles
mépris

je ne dors pas
je compte le goute à goute
de sa peau qui transperce les toits
et retombe dans les mains ouvertes

et pour la première fois de sa vie
elle recula devant sa propre mort
pour protéger son fils
qu’elle tua neuf mois plus tard
avec un livre ouvert
à la page sang

sentiment perdu
silence éparse
sas où l’on ne rentre plus

j’arrive à me passer de tout
soleil
amour
filtre
visage
et boucle

finalement
si j’ai mal lu
quelque ce que c’est que l’amour

comme le temps passe vite
et comme la météo se dégrade à nouveau
le combat va être dur
est-ce que vous êtes heureux

très peu dans ma chambre
très peu dans ma chambre

c’est une période très sombre
et très difficile
pour exister
tant bien que peu dans l’autre
et nous nous abandonnons un peu
c’est tout

la vie est une libération sur le temps
je viens à vous
j’aurai
jamais pu faire plus  
que reculer
que me rentrer dedans
dans vous

qu’est ce que c’est que l’amour