[ je porte malheur ] [ o s ]

 

 

 

 

 

            Ecrire Comme on n’entre Dans le corps d’une femme Dans la ville morte Qui n’a plus d’âge Comment j’ai pu sortir de toi On criait On était mal On était dans le silence Pour faire encore plus de bruit C’était hier Dans les traumas Sous les troènes Dans l’angle mort Des sourires Qu’on jetait comme des bêtes Aux visages des fontaines Et des personnes heureuses Je n’y crois plus vraiment A tout ça Comme le sexe La poésie L’amour La mort L’odeur des cheveux En plein soleil Du lait sur ta lèvre Pour me laisser seul Grandir avec toi Et juste après Mourir comme un seul homme Dans la ville monstre Pleine de poussière Et de mauvais présage Comme l’écriture Le roman La grippe Le mouvement qu’il fallait faire Pour attraper l’arbre Dans le fruit De la matière Qui nous pousse Hors d’ici Mais sa frontière est là Dans nos corps Et tu disparaîtras Dans la ville morte Par où je suis entré Qu’est-ce qu’on va faire Dans cette chambre froide Je répète Avant que tu m’y pousses vraiment Qu’est-ce qu’on va faire Dans cette chambre froide Je répète A l’infini Le signal Ta bouche Et le récit complet Du chant monstre Pour dire Qu’on est passé là Bien avant l’autre Avant que tu m’y pousses vraiment Retiens-moi Tu t’en rappelles Des corps perdus Dans la ville morte Et ça ne changera jamais Tu as perdu la mémoire Le sens de tes pas L’aiguille du cadran solaire L’acidité Le signal Le mouvement pour aimer L’objet pour faire mal Le sable dans ton ventre Comme une espèce de sablier Pour y croire encore un peu Au temps qui tombe Comme l’araignée Dans nos cheveux Du lait Oui mais Du lait sombre Comme si tout était foutu Loin si loin qu'on n'avance plus vraiment Qu’est-ce qu’on va faire Dans cette chambre froide T’écrire sur la peau La dernière phrase De ton roman Pour en commencer Un autre On ira marcher ensemble Un autre dimanche Un sale dimanche Où il faisait froid Dans la ville blanche Pour mourir un peu Car nous sommes doubles Tu sais là-bas Les portes sont grandes Comme des églises en feu Pour nous laisser passer Quand on est trop malheureux Ton ombre est comme un caillou Pour le jeter dans moi pour le jeter dans le vide Quand je me retourne Je suis encore debout Je compte les fenêtres Comme des vestiges Ou pire comme des arrêtes Sous la peau Contagieuse Du venin Quand je suis rentré Dans la ville morte Pour te tuer Mère Un peu de patience Et de sang sur les draps Je vais bientôt naître Pour écrire Tout ce que j’ai entendu Dans ton ventre Comment j’ai fait pour t’oublier Comment j’ai fait pour t’oublier Je n’ai pas pu je n'ai pas su Entré dans la ville morte Pour aller toucher la main de nos fantômes Tellement j’en ai croisé des formes Qui voulait me faire du bien Alors qu’on fond d’eux S’était tout le contraire il me semble Qu’est-ce qu’on aurait fait Dans cette chambre Tous les deux Avec de la cendre Sur les doigts Pour tracer des chemins La route qu’il fallait prendre Pour être double Pour être deux J’aimerai que tu dessines A main levée Le contour de mes yeux Avec ton crayon noir Comme les ailes des papillons Brûlées par nos essences Les plus douces Pour mieux rentrer Dans la ville morte J’ai joué avec ton ombre Le petit nœud rose Qui flotte comme un drapeau Petit lapin tout endormi Dans le satin des roses Pour embaumer le soir Sais-tu Que là-bas J’étais condamné à mourir A écrire Et à ouvrir des portes Avec des murs à l’intérieur de moi Pour voir que la ville n’avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois C’était hier Dans une boite à chaussure Que tu mettais L’arme de ton suicide L’amour L’ivresse des sentiments Dans les virages Les plus dangereux Pour vouloir vivre Un peu Mais nous sommes morts Bien plus morts que des mots Quand nous sommes restés Dans la ville morte Pour toujours

 

 

      Des traces de sang Comme des nappes un peu plus grises Qu’hier enveloppées dans ta peau De chimère où nous avons posés Des balises tout autour dans l’eau Pour nous noyer dans d’amour