ANDREAS

 

 

 

 

 

On aimait la vie Tirer sur la corde un peu Tout un après midi Seins On aimait courir Plus loin que le soleil Tombé dans vos mains Ouvertes On aimait la peau Noyée des fleurs Perdues dans le vent Mauve et grenat Mais on ne distingue Plus rien ici On aimait écrire Les yeux bandés Les invisibles Où vous partez Maintenant qu’on vous touche plus Que devenez-vous Dans le ciel qui s’assombrit Si lentement Le vent nous bouffe Avec son sel Sur la langue à moitié coupée Et maintenant qu’on ne peut plus parler Pourtant la gueule reste ouverte Pour quelques insectes Et quelques cris dans Le blanc de l’œil On aimait rire Et chanter Et crier dans le vide Pour exister un peu pour vous Les invisibles Tenace élan du givre dans vos bouches J’écris qu’un arbre tombe dans la boue Quand vous êtes tombés à votre tour Nous pouvons jouer avec les lignes De nos visages qu’on ne touche plus vraiment Plus rien du tout n’arrive Qu’un signe de la main Pour vous souhaiter à tous Un extraordinaire et doux voyage Les invisibles Les invisibles