L'ENDROIT DU COEUR

 

 

Eau
Mon bateau coule
Il est lent
Dans les flot
Sur le dos
Sur un ongle
Coupé depuis l’aube
Il y a du sang qui coule
Sur un linge blanc
Cassé comme cette fenêtre
Qui donne sur la cour
Ouverte
Elle était belle
La rue tout à l’heure
Avec l’arc en ciel
Au milieu de la route
Quand l’orage est passé
On comptait les gouttes
Et puis non
C’est l’été
Tout est possible
Maintenant
Et tout redevient sec
Comme la branche posé
Sur l’oiseau vert
Mort à nos pieds
Ici
Devant nous
Mais il faut continuer la route
Coute que coute
As-tu bien compris
Ça
Toi qui m’écoute
Ou qui fait semblant
Derrière mon petit doigt
Eau
Mon bateau coule
Saccadé
Il est lent
De cette même lenteur
Qu’ont les mouches
Collées sur le pare-brise avant
A toute vitesse
Quand elles sont prises
Condamnées
Je vous quitte
Il est tard
Et je roule
Sans savoir où je vais
Ni pourquoi je suis là
Et je tourne
Sans cesse
Animal traqué
Dans le jardin d’Eden
Posé là
N’importe où
Sans savoir
Où je vais
Et je tourne
Dans la tristesse
Calfeutrée
De ce tunnel
Qui n’en finit pas
De mourir
Et de tourner
Sur lui-même 
Tourner
Tourner
C’est ça tourner
Ça n’en finit pas
De tourner
Dans le même sens
Dans ma tête
Et je pense
Machinalement comme ça
Au volant
Gainé de cette voiture
Que peut-être
Je suis
Dans le ventre de ma mère
Qui sait   


Pourquoi tu vas pas tout droit