ESTHER

 

 

Tout ça c’est fini
Tout ça c’est fini
Tout ça est dans la peau
Sous l’enveloppe
Dans le corps
De l’autre
Que je ne suis pas
Esther
Ouvre la fenêtre
Et regarde
Et le perd
Il ne reviendra pas
Son amour est mort
Et l’autre qui cherche un concept
Dans les draps
Des cheveux
On est mort
On bouge
On est sur le ventre
On bouge
On est mort
Dans la voix de quelqu’un d’autre
Qui disait tout bas dans l’oreille
Des choses étranges
Comme
On est revenu
On partira
Qu’est-ce que tu fais dans le noir
Assis comme ça
Parterre dans la chambre
Je trace un sillon
Pour comprendre
Une sorte de repère
Une trace
Un silence
Un angle dans le bleu pour mieux tomber
Les anges
Esther sont là pour tout donner
Et tout reprendre
Même dieu
Qui croisaient les bras
Sur des pierres en équilibres
Donne-toi
Détache la sangle
Car tout est froid
Même l’accident
Recherche le
Celui que tout oppose
Un vent violent
Après l’orage
Dans la terre blanche
Et le soleil après pour mieux recommencer tout ça
La marche vers lui
Qui donnait tout
Le pas de nos concepts
Et nos nuits seules
Pour mieux mourir
Tu t’en rappelles Esther
Encore une fois dans ses bras
Tellement le vide est immense
Au bord de cette falaise
Ou le vent tangue
Pour faire tomber les anges
Une fois sur deux
Ça fait 3
Tableaux de Nicolas
Poussin
Dans la grande salle éclairée
Où le rouge éclatant
Frappe comme si quelqu’un
Voulait entrer
Dans le corps
Il y a nos pierres en équilibres 
Comme nos églises en feu
Non jamais d’autre amour
Que le tient
Je veux
Serrer dans mon ventre
Pour être vivante qu’avec toi
Une heure à rechercher ton ombre
Dans les flaques dans les fleuves dans la cendre
Ta voix quand je coupais des roses
Pour me blesser avec
Ta voix que je n’entends plus
Alors il me reste
Le silence des livres
Dans des trains
Et dans le lit d’Esther…