ORQUE

 

 

         je suis chez moi je suis seule enfin je crois tu sais non peut-être pas je sers quelque chose contre moi le temps s’est arrêté il fait très froid ma robe est transparente et c’est l’été il y a nos livres coincés dans l’étagère du bas on peut voir un petit muscle blanc dans l’aquarelle comme un adieu il y a des vagues ce matin dans tes cheveux ils sont froids je vais les réchauffer avec mon souffle maladroit tu peux dormir comme l’orque sous un ciel rouge menaçant il était beau il te ressemblait tes sourires la même marque posé sur ton épaule et juste après on a crié fort ensemble la mort des oiseaux sur cette plage déserte sur la passerelle d’un bateau qui ne partira pas demain nous sommes restés à quai et la vie s’arrête sous un ciel ocre et brun il faut comprendre il faut le tordre pour oublier nous dire adieu une dernière fois sur la plage noire de monde il y a des chevaux dans la brume épaisse au galop qui disparaissent au loin et nous voilà maintenant derrière eux pour disparaître aussi comme la pointe de tes coudes dans ma bouche pour te mordre encore une fois la peau la même marque que je dessine à mon tour sur mon épaule comme une bête féroce l’animal en moi l’orque je suis nue quand vient l’été il fait très froid et je sais qu’il faut se tordre à nouveau pour respirer très fort pour être encore debout dans nos chambres où je passe de temps en temps pour disparaitre comme les chevaux quand ça va pas quand tout est loin quand tout est pris distancé mal remis foutu à l’abandon je sais plus où est notre maison je prends des photos je danse avec des ombres des orques blonds dans une peinture contre des murs il y a ma robe déchirée par les arbres et les dents de l’enfant que je cherche toute la nuit en vain