Je suis Marie, je suis morte

 

 

 

dis, tu m’écriras des mots d’amour sur tout le corps avec les lignes de ta main, c’était la dernière phrase du livre, tes coudes, tes jambes, ton sexe minaudé, que je bois, quand ta peau me manque, de la tête aux pieds, dans l’herbe, à la fois physique, je descends pieds nus, pour toucher le fond, je suis, je cherche encore ta bouche dans mes cheveux

nous avons marché sur 3 petits cailloux bleus, très coupants, j’ai passé mon épaule, j’ai toujours l’impression d’avoir raté quelque chose dans tout, il y a encore de l’eau là où j’ai pieds, j’entends le bruit de ta voix, et puis celle des orages, mais je n’ai plus peur de toi, ni de la ville où je suis née, maman tu me manques, temps, comme aujourd’hui

je laisse faire toutes les ombres se déliées dans la lumière quand je pris, quel délice, 3 fois par jour, je souffre d’absence, chronique, un coup d’œil, une pierre, je me jette dans le vide, je me trouve à l’arrière, sur la photo, c’est moi qui tire la langue, je suis une camisole de force posée sur ta peau, un bleu de travail, une mâchoire verte, j’ai rien bouffé depuis trente jours, j’ai les dents mâchées, pleines d’herbes folles et de racines, avec un vieux livre de théâtre posée sur les genoux, correspondance avec mon père, que je dois apprendre par cœur, pour des trains fantômes, ou du vent, pour des millions d’hommes qui se battent entre eux, sinon moi, je n’ai plus beaucoup de forces, pour bouger mon corps, quand tu fais l’amour

ici dans ma nouvelle vie, où tout est silencieux et beau, c’est l’après-midi, des mouches et des insectes bleus, énormes comme des poings, près à frapper, avec des masques de tête de chien, mangent mon ventre mon sexe mes yeux, pour devenir sable, au contact de ma bouche, il faut tenir, tenir encore

je laisse tomber, j’aimerais mourir pour de vrai, pas pour de faux comme dans les films de merde où l’on m’embrasse jour et nuit la peau, pour de l’argent pour des poursuites en voiture avec du vent dans la bouche dans les cheveux, tu sais tout ça

je saigne, du nez

c’est très troublant comme phénomène, les arbres dans la pierre, quand on est morte

 

 

 

 

 

 

 

       [ une Voix/d i v]