tu cours après moi
ami
tu cours après moi
des trains blancs
quand il fait nuit
sous l’averse 


tu cours après moi
les couleurs
de l’arc en ciel
quand il fait jour
dans ton cœur
à minuit


est-ce qu’au moins tu sais
ce qui bat
dans ton poitrine
quand tu reviens
me dire tout bas
le matin
je t’aime

je t’aime
je vais partir
on revient
drap te dire
qu’il est loin
le souvenir
d’être à toi
pourquoi
les envies

le désir
les soupirs
et la mort
dans tout ça
quand tu dis
je restore
je minerve
je m’endors

j’aime aussi
être seul
dans la nuit
pour mourir
et j’en crève
de ces corps
de cette vie
qui passe
qui défile

dans la ville
si petite
où les cœurs
gris s’empilent
comme des fruits
sans soleil
comme des nuits
sans sommeils
ni tristesses

c’est la vie
camisole
reste ici
ni caresses
ni envole
dois-je en rire
quand j’appuie
ça fait mal

sous la peau
le désir qui s’en va
bien plus bas
les deux ponts
puis la rive
et la terre
ton épaule
je trébuche
et je tombe
loin d’ici

dans mes bras
noir de monde
quand la foule
est compacte
tout autour
éphémère
le désert qui avance

écarlate
et le rouge
de tes lèvres
qui me coupe
quand j’ai froid
c’est l’amour
même sa marque
sur la bouche
me fait mal
comme un arbre
couché sur la route
tu cours après moi
des camions
sans phares
dans la nuit
ni lumières 
te traverse

comme un épais brouillard
pour se perdre
revenir sur ses pas
et c’est vrai
quand nous aimons
l’air est plus léger

ça sent bon
dans le cou
sous nos pieds
les belles phrases
le genou qui s’écrase
dans les draps
juste après
avoir posé nos masques
sur la table
en acajou

regarde-moi
regarde-moi
comme si c’était
le dernier jour
de notre histoire
de notre amour
une balle dans la tête
une gare déserte
une route qui s’arrête
dans le cœur de l’autre
puisse s’arrêter un jour

dans la course
la grande gueule ouverte
pour mordre dans ta soif
si je meurs
ne m’oublie pas

saigne à ton bras
les deux ponts
pour rejoindre
mon père
ta sœur
le petit chat
ma propre mort
le chien jaune
et si dieu
veut encore de moi
je suis prêt

 

 

 

 

 

 

 

 

 C'EST L'AMOUR

 [texte&musique  d i v]