NOUS VOULIONS LE TEMPS

 

 


Qu’est-ce que tu dis
 Les poupées des enfants
Disparues dans le sable
 Quand le visage plonge
Dans un ventre

 Qu’est-ce que tu caches
Je reviens sur mes pas
 Je cours sous des grands arbres
Pieds nus dans des flaques

 Qu’est-ce que tu  caches
Il fait beau doux
 Qui est là
Où te caches-tu
 Avec quelle main
Dois-je tourner la page 

 Dans le sang
Des oiseaux morts
 Dans le vacarme
De nos nuits seuls
 Maintenant
A compter
 Entre les jambes
L’ocre des fenêtres

Il n’y a plus le choix
 Tu vas répondre
Ou renoncer
 La peau
Le corps
 Combien de temps ça va tenir tout ça

Un ciel plus rouge
 C’est notre chance
Comment sont les vagues aujourd’hui
 Dans la petite chambre
De ton enfance 

On déborde
 On aimerait dire oui
A l’amour
 Avec nos dents
Mais non le marbre n’est pas coupant
 Juste un peu
Pour te faire mal
 Pour être un homme
Pour être une femme 

Oh nos visages
 Dans un miroir cassé
En plein soleil
 Quand l’ombre
Redescend 
 Puis disparait
Dans le dos
 Des nuages
Que je dépose
 Comme un enfant
A vos pieds
 Comme une étoile
Géante 

Maman
 Pourquoi tu m’as jamais dit
Je t’aime
 Tu sais depuis
J’ai l’impression
 Que je suis mort
Ouvert
 Petit
Qu’allons-nous faire maintenant

Nous sommes si lents
 Et nous devons tomber déjà 
Vers quel silence
 Quand on y pense à tout ça 

C’est quoi le corps
 Pendant que le monde 
Ce jette en bas
 Si neutre
Et différent
 Comme des fleurs
A l’arrière d’un bateau

 On est perdu
On se troue
 Tu peux me protéger du froid
Quand on a peur
 On rejoindra la mer plus tard
Nous deux
 L’attente
Le manque

 Où étions-nous
Qu’avons-nous fait
 Au bord de la falaise
Si ce n’est réfléchir
 A la route
Qu’il faut prendre
 
 Oh pardon
Cheval de Turin
 Le seul Amour
C’est vous
 Comme un champ de blé
Pour détacher le lien
 Des autres dimanches
Ça veut dire quoi
 Quand  tout s’inverse
Pour oublier un peu
 Oh pardon

Je doute toujours
 D’un dieu
Pourtant je les entends
 Les morts
Quand je ne voulais pas vivre
 Un peu
Tu dis
 Que le cercle est parfait
Pour entrer dedans
 Qu’il pleut sur le dos
Comme le toit d’une maison
 
Bientôt 
  Bientôt la terre
Sur nos épaules
 Et dans le cœur
Et dans tes yeux
 Et dans ta bouche
Le passage des chiens jaunes 
 Et on courait
Et on courait
 On était loin
Là-bas
 Là-bas 

Est-ce que tu as peur
 Dans l’eau chaude
Quand le sol est trempé
 Ma robe était rouge
Quand je faisais la morte
 Comme ces fleurs écrasées
Au milieu de la route
 Quand les camions passaient 

On était heureux
 On était heureux 
Parce qu’on était démoli
 Ça nous rappelait quelque chose
Une emprunte
 Le cordon
Le nombril
 L’enfance
J’aimerai fermer les yeux
 Sous un tissu de chair
Les souvenirs me collent à la peau
 Des merveilleux soleils noirs
Il fallait bien perdre 

Est-ce que tu as peur
 Qu’est-ce qu’on est venu chercher
Qu’est-ce que tu dis
 Tu cherchais quoi
Des émotions
  Le feu
L’abandon
 Le cri
 
Je n’ai jamais su quoi faire
 Pour être heureux
Si je savais su
 Je n’aurai jamais rien écrit

Là-bas où toute histoire
 Perd forcément
Son équilibre
 Dis-moi
Quel arbre
 Pour se cacher
Se perdre
 Ou revenir
Dis-moi si je dois sentir
Les orages avant la pluie 
 Tu sais très bien
Que nous finirons seuls
 Quand tout sera fini
Là-bas
 Là-bas