R E V I V R E

 

 

 

On a traversé la ville On a mis des rubans dans les arbres Comme ça Très directement Dans l’air Pour tout détruire Ensuite Tous nos repères A force de reculer De fermer les yeux D’être De ne pas être Les statues La ville Les bras des statues Pour nous applaudir Nous Puis eux Puis nous encore A faire et à défaire La peau Des mensonges Tu cherches dans l’eau La petite goutte de sel Et de parcelle Il faut remplir la nuit Le mur s’approche Le doute aussi Et puis pierre après pierre Tu cherches un trésor Une peinture Un arbre dans la forêt Pour te cacher Du reste du monde Tu restes là Mais qu’est-ce que c’est le monde Un lac où tu plonges Pour mieux rentrer dans toi Je vais partir Et revenir Et la terre Il t’en reste Une multitude de choses Des cascades Comme un cri Un trait blanc Comme un départ dans le désert Laisse-moi tranquille Laisse-moi recommencer la peau Le fleuve est devant toi N’est-ce pas qu’il est profond Semble dire les cris que tu entends Autour de toi Courir à contre sens Mordre dans la couture La plaie si tu veux Dire je suis là pour personne Pas de futur Pas de ciel bleu Donner le signal Le corps fera le reste Un nombre une date Il ne faut pas Non Sois sage Ultime rencontre des nuages Pour se perdre en terrain plat Avant la pente Toi qui n’attends plus rien Toi qui n’attends plus rien Qu’une chose Attendre Tomber Mordre En nage on va se noyer on va tout perdre Mais c’est peut-être ça L’envie de vivre Tout simplement Tout perdre Et ne rien voir Tout est différent quand on ferme les yeux Tout est différent quand on ferme les yeux Tout Courir après les vagues Courir après les nuages Quand le ciel tombe au milieu Tu aimais fondre Et être heureux Devant les autres Comme de la glace Jamais tu reviendras Dans l’air sidérant Des roses blessées Qui t’ont vu naître Franchir la porte Apprendre Apprendre Que rien ne sert la peau Plus fort qu’un doigt Quand tu écris à l’ombre des acacias Le temps qui passe Tu restes à l’arrière Au fond du trou Dans la petite fente Et voilà le jour Et voilà le monde Tel qu’il est Devant toi C’est à toi de jouer Maintenant Pousse ton cri Allez va vivre