Je me fais mal aux yeux
J’ouvre un paradis 
Plus grand que les étoiles
Et puis tes cheveux
c’est pas la fleur
Qui vient jusqu’à nous
C’est la couleur des mots
Qui s’imprime sur le bois le plus dur
Telle la forêt
Tel le marbre
Où tu t’assoies
Quand tu fais du vélo
Tu penses à quoi
A du sang fraichement rompu sur du goudron
A des chants de batterie quand tu ouvres les bras
A des moissons tristes que le plus petit animal sait
Dans la peau plus grande que le soleil
Et on s’attache à des détails
Futiles 
Violents
Comme la combinaison des chiffres sur une tombe
Perdue comme des bouteilles en plastique  
Sur un lac pour te dire
Qu’il faut vivre en harmonie
Avec les fleurs et les insectes
Qui te boufferont un jour
Le cœur et le sexe
Si t’en n’a un
Juste au-dessus du nez
Pour mieux voir la mer
Nos nappes rouges
Brodées d’armure ancienne
As-tu conscience de vivre
As-tu fait un large sourire aux roses bleues ce matin
Qui n’étaient là que pour toi
Pour s'ouvrir  
As-tu conscience d’être ici 
Quand tu fais l’amour
Quand tu fais du vélo
Quand tu écris à ta mère morte
Sortie étendre le linge de ta couche
Pour savoir quel temps il fera demain
Les draps blancs sont déchirés
Par nos manques d’amour
Les draps blancs sont des fleurs rouges
Détruites par des papillons affamés
Retrouvés dans des verres d’eau
Sur des grandes tables en ciment
Où tu poses parfois la tête pour réfléchir
Et puis le corps
Et le désir 
Pour savoir qui tu es vraiment
Un vélo
Un marbre
Une route marbrée
Pour un vélo fou avec sa chaine en or 
Tout ce fait dans les 5 ans
M’a dit dieu dans le regard d’un pauvre
Et c’est pour ça
Que je n’ai plus rien
Chez moi
C’est glauque
C’est comme une tombe
C’est comme un arbre avec un visage dedans
Pour avoir peur la nuit
Alors je me prépare
J’attends que quelque chose se passe 

C’est comme une jolie fille
qui met du rouge à lèvre
pour embrasser du sang

 

JE SAVAIS QU AVEC TOI DANS LES PARAGES J’ECRIRAI A LA FORCE DU POIGNET LE SANG LES FLEURS MORTES L’AMOUR ET TON VELO POUR TE POUSSER DANS LE VENT POUR QUE TU NE TOMBES PAS DANS MES BRAS FRAGILES ET PUISSANTS COMME UN COQUELICOT QUE JE COMPARE A TA BOUCHE AIMANT LE VIN SUR MA PEAU


j'ai peur de mourir
j'ai peur de toucher le fond
j'ai peur de mon chat
j'ai peur de faire du vélo
parce qu'on a deux genoux
une fronde
un élan
un lac
une secousse une seconde
un monde qui n'était pas le nôtre
je froisse du papier
une enveloppe
de la peau
et j'attends
et j'attends
le baiser sur l'enveloppe
pour mourir un peu dans toi
j'ai peur d'être doux
perdu
ici
là-bas
dans la violence des arbres
où le linge est encore froid
il me semble
pour écrire quelle date
avec du crayon rouge
ta bouche en train de me dire
tu finis jamais tes phrases
alors
rien
on va rester là
jusqu'à la fermeture
du ventre