Dans Les Bois

 

 

 

 

 

Regarde comme il fait beau
Le regard vers le ciel
Fuse
La morsure du vent
A damner 
Petite fille 
Petite fille sur un rocher
Je me bousille les mains 
Le bleu cru des nuits mêmes 
Partir avec ses fugues
En queue de cheval 
Sur un fond bleu vibrant 
Je marchais pour oublier
Le cœur le sexe
Regarde comme il est beau
Le chat tigré
Après la porte lourde
Ses danseurs au plafond
Un jour d’été 
Le moelleux de la neige
Répété chaque matin 
Le fragile équilibre
Pour échapper
A une autre nuit
Le laisse en paix
Alors pourquoi se réveiller ?
Pourquoi se réveiller du silence 
Mais la vie
Malgré les blessures
Petite garçon
Grande guerre
La terre est dure
On y va dans l’instant
Il en voulait
Les yeux fermés
Je suis aveugle
Le dos comme eux
C’est ça que j’aime
Seul  
Derrière la scène
Le visage vers le ciel
Ici le granit argenté
Face à la mer
Très lentement dans les yeux
Dans la transparence de l’eau
Il y avait une rose
Tout à l’heure là-dedans
Sa peau
Pour éprouver encore
Je m’accroche
Je me casse le dos
Etrange étrange
Je prends quelques mots
Juste une éclaircie
Comme à une bouée
Creuser longtemps
Creuser seul 
Que je transpire
Que je me bousille les mains
C’est ça que j’aime 
Les rêves l’étaient
C’était bon
Les muscles font oublier le cœur
Le sexe
Ça sent bon la plage
La terre est dure
Ou plutôt si
Eclats d’or en couleur
Un rayon de soleil
Le réveilla
Chaque matin
Les yeux fermés 
A ce chant noir
Un rouge d’abîme
Sous le tranchant
Mais qui sait
Si elle n’était pas
Pleine de lumière
La vie
Le plus longtemps possible
La force de se lever
Le refus de se fondre
La chaire d’Anita
Le bleu cru
Rose
Face à la mer
Des îles piqués 
Ses hommes
Ensommeillés 
Dans sa tête
L’émotion
Qu’elle m’avait faite
Ventre et seins
Le grenat
C’était la nuit
Des pensées jaunes
Du corps barré d’une pierre 
Le rouge de nos deux bagues
Mais le sang ne lave pas le sang
Isolé les cheveux bruns
A la lumière
Qu’il vivait en couleurs
Pour échapper
Pour échapper à une autre nuit
Pourquoi se réveiller ?
La terre est dure je me bousille les mains
La terre sous mes pieds
C’était elle
Que je cognais à chaque pas
Seul
Comme à une bouée
Je ne savais plus
Parler
Quelques mots
Je suis la
Parler sous la pioche
Comme eux
Je suis aveugle 
Je me casse le dos
Russe 
C’est ça que j’aime
Creuser
Creuser longtemps après
La rupture
A l’horizon des plages 
J’ai besoin de paysages aimés
J’ai besoin de lumière
Regarde comme il fait beau face à la mer
Fuse
C’était moi
Je marchais pour oublier…