CESAR

 

 

 

J’écris de la poésie depuis 30 ans Ça sert à rien la poésie J’écris de la poésie depuis 1 000 ans Ça sert à rien la poésie Ça sert à casser des ponts sous la glace Ça sert à casser des murs Qui ne tiennent plus debout Ça sert à casser la parole qui aiguise à l’école Le corps des platanes dans les enfants Qui ont trop joué autour Les mots qu’on ne dit plus Mais seul on n’avance pas ou plus jamais Les cheveux courts de mon garçon Dans l’axe ou dans la camisole de force Pour me remettre dans toi Est-ce qu’on a perdu le chemin Est-ce qu’on a perdu la route Est-ce qu’on est déjà passé par là Je vais rentrer à la maison Je cherche la vérité Ailleurs que dans mes mains Ailleurs que dans mes pas J’écris pour oublier qui je suis vraiment Je crois que des esprits sont là Mal ou mauvais Qu’importe la religion Que nous avons dans le ventre De l’altitude de la distance Je crois que la solitude Est un dédoublement de soi Pour écouter la petite voix Dans les murs qui t’empêche de dormir C’est tout simplement le tissu blanc Posé sur ton corps pour que tu n’es plus froid J’écris à des fantômes J’écris à la noyée J’écris pour ne plus avoir peur J’écris pour être un autre J’écris pour des visages disparus Quand tu sors pisser le chien par la bouche Ne sens-tu rien venir Ne sens-tu pas que quelque chose bouge Au fond de ton corps La rétrospective de César Dans un film qui passe en boucle L’assassin a t-il tué le cheval Dans l’enclos lumineux Où le soleil entrait parfois La lumière était belle Sur les objets abandonnés De la maison seul Une fois je crois t’avoir dit non Car la douleur était trop forte Je crois que la poésie Ne réveillera jamais Le cheval mort Ni même les mouches Car les mots sont assassins Impudiques et droits Quand ils te touchent Les murs gardent le secret de ta chambre Les murs gardent la distance des croix Posées dans la terre fraiche Pour nous rappeler demain Hier toujours Comme cet après-midi Dans les galeries souterraines Quand le cheval t’a reconnu Tu l’as regardé dans les yeux As-tu senti Le souffle des baisers tordre le fer Des enfants rois dans le cou Les absents retournent la mer Tu faisais quoi quand l’art ne sert à rien Cela nous permet de reconnaître l’endroit Où nous sommes déjà passés Lointain souvenir Quand nous étions mourants Toi juste à mes côtés Dans le pus et le pouls Des journées rouges Quand la peinture coulait à flot Sur les murs sous les ponts Mais j’entre un dé à coudre dans le doigt Pour oublier que la mémoire Ne rentre pas directement dans nous Des sommets des falaises Des ongles dans la bouche Pour disparaître à notre tour Pour croire encore au ciel Toi reine et moi soldat Pour combattre à mains nues Les démons blancs Pendant que l’on dormait Dans la péninsule Dans la grande ville Sur des fleurs en métal Ecrire ce laps de temps perdu Quand on recule devant soi Ecrire sur une balançoire La légèreté de l’être Aimé Est-ce qu’on aimait la pluie Est-ce qu’on aimait le vent Est-ce qu’on aimait la pluie Est-ce qu’on aimait la structure mentale De notre corps à cet instant précis Je crois que oui Touche-moi On est heureux On est vivant ON N’A PLUS JAMAIS ENVIE DE MOURIR QUAND ON EST HEUREUX Alors il faut l’écrire et le chanter Pour s’en souvenir encore un peu Une dernière fois Une dernière fois Une dernière fois Est-ce qu’on a perdu le chemin Est-ce qu’on a perdu la route Est-ce qu’on est déjà passé par là Je vais rentrer à la maison Je cherche la vérité