TE DIRE QUE LA NUIT J'AI PEUR

 

 

       Te dire qu’au travers Ça s’ouvre pas comme on veut Je reste derrière la porte J’attends que le jour se lève un peu Je reviendrais demain Te dire à l’épaule Les mots doux assassins Qu’on ne dit pas toujours On se tait on garde tout On porte on porte Parfois c’est lourd On reviendra demain Qui sait derrière la porte J’entends des voix Je te reconnais C’est toi ou bien l’autre L’assassin ou moi Ça faisait longtemps L’hiver dernier je crois A l’altitude des sentiments La solitude aussi Quand elle vous prend tout Le sang le pas si léger dans les fleurs blanches ou mortes On n’était pas bien Triste dimanche A chercher dans nos mains des outils Qui pouvaient nous blesser la peau On perdait nos forces On perdait tout Dans nos mains les lances De notre enfance Les coquillages percés Sur nos jambes bleues Quand la mer est loin Je les attends Je les attends Les jours heureux La fête est finie Loin si loin d’ici déjà Il nous faut des mots simples Pour expliquer tout ça Pour comprendre pour écrire L’attachement de l’eau le vide Les murs de la maison Cette maison dans le corps Le corps qui n’en peut plus J’ai rien appris des amants Du vent qu’il y a dehors écoute On est presque arrivé j’ai froid Je ne reconnais plus la route De mon enfance des doutes Chemin à prendre A quel âge on est heureux Le pire 20 fois 30 fois J’essaie d’écrire J’ai plus la force Alors je suis retourné dans la maison Pour dormir Pour oublier qu’on a un corps J’aime le silence La nuit parce que j’ai peur Enfin toutes ces choses Qu’on oublie Qu’on a dans le cœur Il nous faut des mots simples Des coquillages percés On perdait nos forces Triste dimanche Je crois à l’altitude des sentiments La solitude aussi Quand elle vous prend tout Le sang Parfois c’est lourd les mots doux Te dire