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ONDES NOCTURNES

 

 

 

Ce voile étrange écarlate qu’on lance au milieu d’un champ d’un étang quand on écrit à sa mère avec des lettres rouges et du parfum d’encens pour imprimer des mots d’amour qu’elle ne lira jamais quand la pénombre du soir entre facilement dans nos mains pour écrire dans le ciel tout l’espoir qu’on avait qu’on avait les yeux fermés l’amour la solitude le soleil qui ne vient pas toujours ici quand on l’attend il fait froid dehors il fait froid dehors des images entrent directement dans des murs épais on a construit un barrage avec tous nos maux la tendre écoute un cercle en bas pour être encore en vie la chaleur de tes bras les bras croisés on tourne autour d’un terrain vague un terrain vague on tangue on s’embrasse dans le cou un cheveu blanc une histoire de ressemblance de calque et d’aptitude on croit qu’il est l’heure on coule à reculons on coule on coule à temps on essaie de gagner l’autre chemin la rue en face mais je crois bien qu’on est perdu on est seul au monde on croise les jambes on aime être sur un fil car on aime le danger on trouve ça dangereux d’être sur un fil on peut tomber à tout moment on regarde en bas on regarde en haut on regarde ses mains on écrit tard le soir pour ne plus être dans ce monde on ferme les yeux une dernière fois demain demain demain demain ça nous rappelle le toit d’une église la coque d’un bateau le silence des poissons chats pris dans les mailles d’un filet moi je n’aurais pas donné ma langue l’os et la viande pour te faire tenir plus longtemps sur mes épaules d’ici qu’est-ce que tu vois qu’est-ce que tu touches qu’est-ce que tu vois au loin que tu n’aperçois plus déjà un trait brun c’était la ligne c’était la ligne d’arrivée nous avons détruit des murs sans nous en rendre compte compte et compte après-moi ça fait parti du mode opératoire le contrôle de l’axe pour nous faire glisser vers un haut et vers toi l’expérience des limites ou d’un jeu il faut remonter le courant d’air l’air qu’on respire dans ses poumons le chaos il y a un mur à l’aplomb quelque chose de doux quelque chose qui traverse qui vient qui tangue pour nous emmener très loin d’ici on traverse des pays où des papillons viennent se brûler les ailes ailleurs incessamment ailleurs j’ai douté des messages que je mettais hier dans tes cheveux le pouls foncé des voitures qui passaient dans nos têtes quand il y avait du bruit derrière nous un jour exact mais on ne s’en rappelle plus j’ai oublié on aimait souffler de l’air nouveau pour voir pour voir et nous voir tomber des trucs mais on en récupère des choses anciennes dans des habits neufs qui nous maintenaient en vie viaduc on aimait il y a ce voile étrange qu’on noue certain soir autour de nos jambes quand il fait froid dehors quand il fait froid dans nos mains quand il fait froid dans nos corps des mots d’amour des mots d’amour des mots d’amour  

 

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