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suicide toi mon fils [ d i v ]
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14 mars 2008

LA FUITE

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[ on ne se suicide pas tout seul, nul n’a jamais été seul pour naître ] [ a a ]

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Du vent des hélices des cheveux pris dedans des hélices ça fait comme du vent pris dans un grand parachute blanc vacillé pour que je marche devant toi sur la plage sans repaire sans balise et sans rien du tout courir dans l’eau courir dans le vent même si c’est un sentiment pénible que de courir face au vent il y a quelqu’un qui nous fait des grands signes dans le feu on dirait qu’il brûle devant nous derrière la vitre la terre n’a pas brûlé avec le sable le vent ne c’est pas levé on tombe de son avion on tombe la tête la première ça glisse ça fait comme de l’eau sur la peau comme le chlore de la piscine c’est pas salé ça fait mal ça fait même pas mal tu rigoles un verre d’eau peut se tenir très facilement des deux mains c’est facile mais une arme ça c’est autre chose c’est froid et c’est très compressée dans l’attente alors on joue alors on danse et l’on écrit avec ses doigts dans la gamelle du chien que le meuble a tremblé que le ciel n’est pas orange quand on y pense des hélices m’auraient coupé les cheveux plus facilement que ta voix quand j’avais les cheveux aux vents je tournerai plus facilement moins fatigué quand le ciel changera de montre et de couleur c’est comme toutes ces choses blanches qu’on gomme sur la peau pour pouvoir un jour les écrire dans un petit livre noir je tourne tous les jours autour d’une croix je m’adapte je crois m’adapter à sa langue verte je suis sûr que la mort est un sparadrap doux qu’on dépose sur nos lèvres endolories pour nous taire c’est dans une belle enveloppe que je te laisse le timbre de ma voix il restera le motoculteur à passer de temps en temps dans le jardin en haut de la bute pour planter d’autres plantes d’autres légumes et d’autres insectes aveuglés par la couleur jaune de l’été je respire de l’air contre la fenêtre je m’endors je redescends le fil avec l’aide de ta main la sangle est un endroit très accroché qui coule le long de la bouche c’est facile de se taire quand on a aimé tout le jour la fuite était trop belle à travers champ pour assommer et recevoir le goût du sucre que nous apportait dans le sang les guêpes et la brûlure des guêpes que je ressens dans tous les muscles de la jambe c’est la peur de rouler sur un serpent qui traverse la route je l’entends courir au fond de moi quand j’ai peur je ne me retourne pas je ne reviens pas sur mes pas je connais le chemin de la mer qui mène au grand large regarde le cœur de la cible là où tout est rouge avec le chiffre treize comme une pomme comme un chiffre comme je suis pas beau quand je me donne du plaisir seule c’est la peur de trouver quelque chose qu’on avait caché il y a longtemps en haut du jardin comme une chienne en chaleur c’est dure de revenir dans des bras qui puent la mort parce que la mort c’est dégueulasse ça pue la merde mais la merde ça fait partie de nous c’est notre engrais c’est notre mode de fonctionnement pour exister  après il n’y a plus rien c’est fini j’ai mis mon bras dans mon cartable on est léger on flotte comme une muraille on embrasse son coude un coude c’est de la peau qu’on peut tordre certaines fois derrière son dos rien à dire et rien à faire je vais sur la rambarde mouillée du balcon à la fenêtre je ne fais que glisser je vais cueillir des fleurs en plein soleil et même si c’est ta voix qui me pousse dans le vide j’aimerai couper ta natte avec mes dents en plein soleil pour les offrir à dieu qui n’existe pas mais c’est sans importance de descendre car mon insomnie guide mes pas vers nous dans une petite église où il faut donner de l’argent dans des petites boites pour les pauvres le corps est là devant moi c’est triste mais c’est comme ça que ça se passe quand on a mal aux ventres on devient sourd la peau se froisse on fait l’amour avec ses doigts ça laisse des bleus sur des vitres des murs c’est haut comme un corps d’homme qu’on embrasse pour la dernière fois avant le grand voyage c’est facile il y a des hélices dans nos cheveux pour nous faire croire que c’est du vent en ruine avant de basculer.      

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