L'ENFANT
[ son corps voulait un enfant ] [ moi je ]
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Je trouve qu’il a fait beau aujourd’hui. Il a fait très doux aujourd’hui entre quatorze heures et 17 heures trente. Il y a un choix dans le casting. C’est vrai qu’il y a toujours un choix à faire dans un casting. Nous sommes au monde qui nous entoure. Tu sais ça ? Qu’est-ce qui peut se passer en une heure ? Qu’est-ce qui peut se fixer ? Je viens de temps en temps. Je te lis de temps en temps. Je viens seul dans ta chambre dans ton camion sous tes draps sous tes ongles dans ton camion. 30 minutes par jour. Je te dis que je viens de temps en temps dans ta chambre trente minutes par jour. Je te connais pas bien mais j'aimerai te dire très calmement que tu écris comme une petite merde mon garçon. Tu n'as aucun talent dans cet exercice là. Le haut vol les inclinaisons l’écriture le dédoublement de quelque chose d’incassable le hasard la ligne bleue la ligne. Je regarde ton travail avancé. Tu n’es pas dans cet exercice là. Tu n’es pas excessivement douloureux dans l’écriture. Tu penches. Tu tournes en rond. Tu te lances derrière le dos de quelqu’un d’autre. Tu virevoltes au sol. Tu encaisses mal la vérité. N’est-ce pas que tu te caches dans la trachée artérielle d’une cuvette de chiotte ? Tu te caches derrière un ensemble de choses qui est bien trop lourd et bien trop compliqué pour toi. Tu tangues. Tu cherches la pépite jour et nuit. Est-ce que c’est agréable de plonger les mains dedans ? Tu tamises le fond. Tu te grattes le cuir chevelu en évitant soigneusement de te faire mal. Le très profond c’est pas ton truc. Chaque chose en son temps. Le trésor c’est l’arbre qui cache toute la foret. On te l’a déjà dit. Tu étais en classe de CM 2. Le radiateur était cassé. Le radiateur était bleu nuit. Le radiateur était au fond d’une grande salle blanche. Tu regardais la fenêtre. Tu regardais le ciel. Ca commence bien dimanche prochain le salon du livre à la porte de versailles. Tu n’es qu’une toute petite branche cachée brisée menue menue sous des feuilles bien trop grasses et bien trop épaisses. Bien trop vertes aussi pour pouvoir écrire un jour en saison blanche tu n'es qu'un cinéaste tu inventes un muscle un regard bleu offensé tu n’as jamais aimé la mer le sable et les coraux t’as toujours trouvé ça chiant le sable mouillé entre les doigts de pieds tu n'offres rien de bien précis jette toi à l'eau tu n’es qu’un écrivain raté et comme tu le dis si bien en paragraphe huit ou 17 un peu plus bas tu n’es pas complètement maître de ton art tu n’es rien mon chère ami mon triste amour ma fausse paire de seins je te site SAMe Old shit relis donc tes cantiques mon beau petit garçon de la chaise de printemps de la musique alimentaire un mur tapissé de merde mon garçon ma petite fille sale pute tu y crois n’est-ce pas que tu y crois aux différents styles des couleurs tu n’es qu’un écrivain raté méandre de ton souffle et viande hachée soluble détachable et molle pour ne pas te tâcher la peau SAMe Old shit tu dois sûrement faire semblant d’écrire quand tu regardes le ciel tu crois ramasser sous tes ongles des couleurs inventées pour des sentiments nouveaux il n’en n’est rien des hélices qui patinent c’est du cœur à retordre avec du fil à mélanger extrêmement pauvre alors que tu ne ramasses rien de bien précis pour écrire comme ça tu te crois dieu ou les mathématiques tu n’es rien tu n’es qu’un jogger qui fait du douze kilomètres heure sur terrain plat tu n'es qu'un trait de pisse dans de la neige chaude et noire il n’y a pas de mystère ton plus beau livre nous glissera un jour entre les doigts n’est pas pierre de colbat qui veut c’est rien du tout ta diligence est verte et tes indiens sont morts tu n’es que du rouge à lèvre de saison un tube d'aspirine dans le cul une crème hydratante pour la peau du visage lait + lotion + corps = un soutien gorge pour maintenir du vent. Un jour tu vas faire semblant d’être quelqu’un d’autre.
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