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suicide toi mon fils [ d i v ]
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2 mai 2008

PREMIER SYMPTOME

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j’étais très enfermée, j’étais très seul, je mettais des heures à m’en remettre, je suçais toujours mon pouce, je mettais mon propre sang dans l’oreille de mes peluches, je me suivais, j’avais toujours le mauvais rôle, je suivais des pas, je luttais, je voulais me battre avec des gens beaucoup plus forts que moi, je suivais des pas, j’étais dans quelle ville bordel de merde, j’étais dans quelle ville, où était mon père, j’avais toujours l’impression d’être une poupée mise là devant tout le monde et pourquoi faire au juste, je ne sais pas, je courrais, je hurlais de toutes mes forces, personne n’entendait, je mettais de la lumière, j’avais peur du noir, je mettais de la musique très forte, la piste 12 d’Artificial Animal Ridind On Neverland, je maigrissais, je bouffais du sable, des animaux morts, de la viande avariée et des pommes très rouges comme mon rouge à lèvre dégueulasse, vous avez un message non lu dans votre boite, je n’écrivais plus rien du tout, j’étais sec, j’étais traversée par des voix, mon rouge à lèvre dégoulinait sur des arbres centenaires et droits, j’étais dans quelle ville, j’étais à Paris j’étais à Newcastle, j’étais perdu oui, je faisais l’amour avec de l’eau, pas l’ombre d’un doute, j’étais dans mes bras, j’étais dans un grand stade vide, je traversais des rues, j’avais mal au cœur, je traversais des corps, la ville n’était pas sûre, la ville était haute et fortifiée, la ville sentait mauvais, la chaleur écrasante était déjà insupportable le matin très tôt, je n’avais pas peur, on me disait que la ville n’était pas sûre, j’avais pas peur, j’avais les dents saines, je sentais la menthe, avec ça tu peux voyager partout, mais je ne peux pas rester une minute de plus dans leur bouche, tu sais dans ma vie il y a quelqu’un qui a beaucoup compté pour moi, j’ai toujours avec moi sa photo partout où je vais, je dégueule, je me rince la bouche, je m’en vais dans d’autre rue, quelqu’un joue au violon la suite de little love, j’aime et je pleure et je cours et je prends de la vitesse et il pleut sur mon visage, je marche je cours je me rattrape je tombe je me relève je regarde le cul des passants, il y a des flash-back, des néons, des insectes quand je bouffe du sable à quatre pattes sur leur ventre, un jour je jouais du piano, le jour suivant j’écrivais dans les dernières pages d’un livre qu’un petit garçon a été retrouvé dans un grand magasin grâce à son ballon vert phosphorescent flottant qu’il portait à bout de bras, je suis un enfant de la baise ou si vous préférez un enfant fait dans le dos sans véritable amour, maman est-ce que c’est vrai que tu as fait ça à papa, souffle-moi de l’air chaud, attrape mes petites mains, réchauffe-moi, fait-moi couler de la menthe, pour avoir les cheveux verts comme mon ballon phosphorescent pour ne pas que tu me perdes dans les grands magasins, en vérité j’ai les cheveux mi longs avec des boucles en avant marrons, c’est mignon c’est très sympa, c’est doux quand le vent caresse mon visage, je lui dis merci à mon papa en fermant les yeux, je lui dis je veux être heureuse, je lui dis, je veux aller au cirque voir les clowns.

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