DANSE SOLEIL DEUX
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Promène-moi du bassin à la lune mon amour ouvre-moi le ventre avec tes petits doigts pour placer notre enfant au milieu de la plaie je voudrais traverser l’horreur du monde et ton dernier repas pris je voudrais sentir la fleur qui brûle au soleil tu sais la tâche dans le dos comme une ligne de vie qui s’éteint au fur et à mesure que le soleil se dédouble s’abat sur la joue comme un arc bandé comme un cœur dans la cible maintenu par nos bouches qui ont soif je voudrai de la peinture sous les ongles comme un soleil d’ivoire pour noircir les contours quand tu danses dans mes horizons rouges il y a des fleurs sur des doubles spirales pour accentuer le sud un peu plus haut il y a de l’eau qui coule comme une rivière qui n’en peut plus de se noyer dans la gorge de la mémoire de plus en plus étroite qui a gardé l’odeur de la peau dans l’autre main pour te peindre des visages avec amour tu sais c’est comme vomir ton ventre bleu bleui par les cendres du jour qu’on hydrate avec l’envie de se foutre en l’air c’est tes yeux contre mon acier pour souiller les draps c’est comme l’envie de vivre que je serre de toutes mes forces dans mes poings il y a des lumières noires ou le cancer à survoler l’asphalte pour avancer plus vite des pansements j’en dégueule comme un sourire éteint dans le plâtre qui ne sèche pas directement dans le pli de ses robes et des appels dans la nuit pour rien je n’en peux plus de tout ça alors je jette des fleurs dans le fossé pour qu’elles brûles tes épaules et t’embrassent à nouveau le cœur où je m’étais glacé la tête dans ce grand lac suspendu malade comme cette table en étain j’étais comme un coquelicot brun fermé dans sa boite en verre je voudrais je voudrais courir plus vite que le vent qui bouffe tous tes cheveux de la mie de pain pour les cygnes qui m’ont blessé la vue je voudrai de l’eau renversée mais de l’eau brune pour nous suivre dans cette forêt de crâne blanchie par la nuit pendant qu’un monstre nous suivait sur un parcours d’aubépine vous avez dansé pour moi toute la nuit jusqu’ici pour un trait qui finira le cœur avant que des fleurs blanches nous rattrapent dans notre course.
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