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suicide toi mon fils [ d i v ]
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24 mai 2008

PAPA EST MORT

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La mer commence à toucher mes pieds, cela fait exactement deux jours que j’ai cette sensation très étrange près du mur, à soixante centimètres de la salle d’eau et du linge sale déposé parterre dans des gants blanc en caoutchoucs, elle ne s’éloigne pas, elle revient vers moi comme un brise glace entre les jambes, elle reste là à attendre que le premier bouge, je ne bougerai pas, pas plus qu’elle s’en ira de l’autre côté de l’horizon, son odeur de peau vraiment très blanche déconseillée à la nuque brisée des appâts dans cette région optimale où l’on fabrique le meilleur acier contre les intempéries, elle est là, elle est partout dans la chambre, elle fait un bruit qui n’est pas comme d’habitude la mer, plus rugueuse, plus rapide, plus forte, possessive, beaucoup plus forte que moi, c’est ce qu’elle m’écrit avec ses vagues dans la dernière ligne droite des chevaux que je double pour la première fois, elle me laisse faire tout ce que je veux, la mer avec ce bruit que je n’aime pas, l’enfance peut-être ou la dépression dans un ventre ou peut-être un peu plus tard, après vous avoir parlé tout bas, oui c’est ça, plus possessive qu’avant, qu’hier, il y a deux jours, elle m’en veut de ne plus pouvoir bouger dans elle, comme autrefois, à lui extraire le sel avec mes cheveux pour mieux sentir sa peau dans mes rayures, mais aujourd’hui c’est pas pareil, très différent, elle indique un changement de direction à prendre pour mes réflexes et dans ma façon de penser quand je vous parle ou quand je veux saisir une boisson, beaucoup moins soif au milieu de toute cette eau que je touche des dents pour mieux guider mes mains, je m’éparpille en nacre fuselée dans un mur de paroles, d’algues et de ventres gonflés ouverts par le goudron des brises lames plantées dans le sable phosphorescent et vert, j’attends d’étendre mes bras au bout de n’importe quel lumière, pourvu qu’elle m’endorme un peu plus et qu’elle ne me fasse pas mal, c’est un jeu intermédiaire entre les dernières forces qu’il me reste et le soleil derrière la fenêtre que je veux encore toucher avec mes doigts, le mettre un peu sur mes lèvres ce côté tiède pour te réchauffer le cou et les yeux quand tu me regardes cracher dans la nourriture, la mer est entrée dans mon sexe, prendre une dernière fois avec elle ce risque, je m’en suis toujours sorti auparavant, c’est quoi cette putain de maladie qui bouche la vue qui m’empêche d’entendre qui me fait pisser dans cette sonde sans y mettre les mains, je m’écorche le ventre pour attraper ce bout de plastique qui fait maintenant parti de moi, c’est quoi cette recherche de ce que je perds, ils m’ont trouvé nu dans des draps blancs, toutes ces visions très dures et toutes les autres à côté que je trouve pleines d’innocences, j’étais au milieu d’un grand bassin pour jouer avec mon petit bateau, personne autour pour souffler dans les voiles à ma place, personne, il n’y avait que moi, j’étais bien, mousse blanche avec quelque chose de creux à l’intérieur qui dessine encore mieux la digue ouverte sur moi et l’envol des oiseaux qui se posent dedans, il faut que je me dégage vite, un peu plus vite, pour qu’elle ne grimpe pas plus haut que mon menton, cette cicatrice que je porte comme un faisceau, comme une balise pour éloigner toute tentative et tout rejet de sa part, elle pourrait rentrer dans ma bouche si je ne fais pas plus attention que ça, faire attention à son signal et à mes bras pris dans sa course, ne pas aller trop loin comme ces enfants partis là-bas trop tôt brûlés le ciel avec leurs mains comme des nageoires affaissées dans la ligne verticale, aujourd’hui les éléments se déchaînent tout autour de moi, je le sais, je le sens très bien, je le vois dans vos yeux, vous avez mal, il faut que je remonte ma serviette un peu plus haut sur le sable si je veux garder les cheveux secs jusqu’à demain matin, la mer a aujourd’hui une curieuse façon de me regarder, tu ne trouves pas mon petit garçon, regarde-moi.

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* photo prise la nuit

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