: : : : : animal song : : : : D’abord j’ai perdu
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animal song
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D’abord j’ai perdu l’ivresse des premiers pas
Ta bouche ta clavicule
Bleue sur l’avant bras
Avec le travail figuratif des pierres
Coupantes sur la peau
Il y a des fruits posés sur la table
Avec des odeurs d’été rouge
J’ai perdu
Des frissons des routes
Des endroits blancs incontournables
Ta bouche obsessionnelle
Perdue sous des néons
Froids
J’ai perdu la carte au trésor l’été
Où ta peau brille encore comme un soleil
Sur les ruines encore chaudes
D’une ville bombardée
Sous le regard des statues mortes
Pour disparaître dans un corps
Dans une épaule dans un sourire
J’ai perdu l’innocence le secret
Des éoliennes génératrices
De vent de lame et de vitesse
Dans mes cheveux mouillés
Par les larmes de mon père
Qui m’embrassait là-haut
Dans des jardins
Quand j’avais peur
Du bruit ou d’un orage
J’ai perdu mon enfance
Une étoile de mer
Mon seau emporté par des vagues
Au loin c’était l’horizon
Les mats des bateaux
J’ai perdu
Les mots qu’on ne dit pas
Les mots qu’on soulève avec des pierres
Tous les je t’aime mal écrit
Sur une feuille de papier
Qu’on a jeté dans la mer
Dans un ventre ou dans un trou
Pour renaître et pour mourir un jour
J’ai perdu des jouets des affaires
Tes pas sur la neige pour te retrouver
Mon amour pour disparaître avec toi
Dans tes bras dans la mer dans la peau
Des lois des livres et des églises
Je sais qu’une eau salée
Emportera tout ça sur son passage un jour
J’ai perdu le chant des oiseaux
La colère des avions
La couleur de la sève des arbres
Le goût de ta bouche
La couleur de tes coudes
Le tarmac où des trains s’échouent
J’ai perdu l’odeur de ta merde
L’odeur de ta pisse
Dans les chiottes que j’aimais sentir
Quand nous étions pliés en quatre
Tous les deux dans nos poings
A pleurer mon père notre enfant
Perdu quand j’ai pissé
Sur tes mains douces
J’ai perdu la bague en or
Et les poissons géants
Qui nous bouffaient le ventre
Quand on avait mal de s’écrire
De s’aimer et de vivre
J’ai tout perdu
La trace de tes ongles
De tes dents
De tes coups
De ton corps par plaque
Qui fait trembler ma peau
Quand j’ai perdu le sommeil
Et l’envie d’écrire
Dans des trains
Sur de la neige
Sur tes peaux
Sur la grande route
Dans le bleu
Des corbeilles à fleurs
Qu’emporte la nuit
Avec elle
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