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suicide toi mon fils [ d i v ]
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9 juin 2011

LA PEAU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ laisse ton corps abandonner son poids et laisse tes organes faire ce qu’ils ont à faire... Ton image n’est pas ta peau, c’est une partie, un artifice de présence pour évoquer l’absence. Ta peau, c’est elle qui sait t’entendre, écoute ce qu’elle te dit dans l’inaudible doublure de tes tumeurs, tes suintements et tes déchirures. Elle te raconte les histoires qui t’ont touchée, cognée, tes mémoires qui l’ont traversée, ses aventures, dans chaque cellule de ton être. ]  

 

[ la peau : le corps inconscient de l’image ]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est 3 heures vingt neuf du matin et je fixe une caméra et je vous parle un peu de moi du temps de mes ongles qui ont peint n’importe quoi des visages de l’écriture du plasma et ton ventre à quelques mètres de moi on avait on avait filtré le temps mis nos âmes dans un tamis pour tracer quelques traits purs avec des gestes et tout l’amour pur et tout l’amour pur qu’on a pu y mettre dedans châteaux de sables un sable incolore et lent je te regarde je te regarde mourir et revenir vers moi il est trois heures 29 du matin et je ne dors toujours pas j’ai fait des rêves oh oui j’ai fait des rêves et l’amour avec cette solitude de l’homme seule qui qui a lâché des cerf-volant des pages déchirés dans le vent quand tout était mort éteint derrière nous du chagrin des histoires d’amour qui finissent mal de la terre qu’il faut mettre sur une dalle en ciment je porte je porte je porte des histoires atroces des histoires belles où des enfants sont morts dans des filets un peu trop grands garnis peut-être comme un tamis pour filtrer la peau le sang et toute l’histoire du petit garçon qui voulait être une fille manon ouvre la gueule manon c’est moi manon a peur quelque fois d’être un homme j’ai ouvert mes cahiers mes chemins mes châteaux pour toi et qu’est-ce que je vois dedans des étoiles qui plongent toutes droites des étoiles des étoiles des étoiles sombres des étoiles noires qui faut limiter dans le temps petite boite petites boites en plastiques où le chien flotte à la surface dans un pull rouge dans un pull rouge dans un pull rouge qui ne porte plus de sang t’a mise tamise prolonge le bras pour trouver le trésor le trésor qui nous a fait roi non non tout disparaîtra comme tout est venu en haut de l’arbre que je regarde avec parcimonie discrétion et envie peut-être peut-être peut-être enserre-moi enserre-moi digère-moi digère-moi croque dégueule sur mes doigts que je regarde la couleur qui m’a peut-être uni uni dans le désordre uni dans l’envie du désir qui monte avec toi ta voix que je perds ta voix que je récupère il est 3 heures 29 du matin et j’ai peur de mourir car je suis seul moi madame je suis seule dans une eau claire dans une eau qui monte qui est jusqu’à mon front mes cheveux mes cheveux mes cheveux blonds pour te plaire nous avons dessiné le contour de nos mains sans oublier le corps qui au matin n’est plus là pour personne je dis bien personne il n’y a plus personne que des cubes en fer une télévision qui résonne et mes petits pas dans la pièce autour de l’immeuble et de l’appartement pour pour être encore dans le jeu des sphères et de l’acier qu’on croise et qu’on fortifie durcit donne-moi du temps donne-moi ta voix donne-moi le temps d’être un homme oui oui quand on a douze ans on n’en n’a pas forcément moins de tout ça j’ai traversé le fleuve avec ta voix pour te dire tout bas que je t’aime toi quand l’écriture ne produit plus rien que de la guimauve et du satin alors il faut se taire et regarder droit dans l’objectif faire de la poésie à l’envers et les phrases qu’on lance comme ça sans fond sans rien parce qu’on n’a même pas ça dans le ventre on n’a plus rien on n’a que la fibre la fibre humaine du chagrin de l’espérance et de la tristesse je regarde l’heure il est sept heures quarante six tout ça c’est du live c’est du direct j’aimerais vous faire des belles réponses j’aimerais vous écrire des belles phrases écrire le plus beau poème du monde mais tout ça est inversé tout ça ne rime plus à rien c’est même pas moi qui joue alors alors alors pourquoi pourquoi vous dire que tout est foutu quand il n’y a plus rien derrière la glace que des mots sans teint que des mots bleus et du violet qui glisse sur des angles impeccablement fins le mot fin je l’ai tant écrit j’ai même pas peur de mourir mais j’ai peur d’avoir mal alors le suicide hein c’est une télécommande pour allumer la télévision et des images défilent ah le silence le silence après la radio et l’eau du bain qui monte pour nettoyer son petit ventre le nombril plein de poussière et le pull rouge qui vous parle qui se tient droit pour courir ce soir entre des arbres autour d’une croix tu le crois toi tu le crois toi quand je m’enlise dans ta boue pour enfanter infantiliser des orgasmes d’eau il a plu il a plu toute la nuit il est trois heures vingt neuf et j’appelle au secours dans la nuit personne ne répond moi j’ai peur de mourir toute seule moi j’ai peur d’avoir fait un enfant pour croire qu’une étoile filante s’était elle s’était toi mais s’était rien du tout on trace des grands traits on pose des règles on pose du rouge on pense qu’on a mal tout ça tout ça c’était pour peindre des tableaux blancs et nous voir dedans bouger comme un cerf-volant au bord d’une falaise mais la falaise est en haut et nous et nous et nous et nous on regarde la mer j’y crois encore j’y crois encore à tout ça même si l’écriture est dégueulasse même si je pense trop souvent à mon père alors on fait des belles réponses on se croit pur on croit changer la forme des pierres mais on change rien du tout spirale spirale et temps qui passe dessus dessus dessus dessus et en avant nous il est 3 heures 29 du matin et je n’ai même pas faim j’aimerais que quelqu’un réponde j’aimerais appeler mon père peut-être ma mère aussi dans le fleuve qui charrie nos croix et nos armures nos tombes si l’on en croit je marche sur un cour d’eau je prends des taxis je peins la lucarne et ton ombre en un raccourci sombre qui me peut-être qui me peut-être qui me peut-être tu vois j’ai même du mal à finir mes phrases même pas écrites tellement le sable est lourd dans les poches pour trouver son cartable dans un coin qui a rayé le mur et je passe ma main sur ta peau je sens des grains de beauté je passe ma main sur ta peau comme un tamis pour trouver l’or et la parole que j’attends à trois heures vingt neuf du matin suis-moi 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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Commentaires
F
Hey, viens faire un tour sur mon forum à l'occasion<br /> http://www.decadences.net/comptoirs<br /> <br /> Si l'envie t'en prends, ce serait pour moi une vraie joie.
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F
merci div pour ce moment lu et vu de bout en bout, du point bleu au point blanc.
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