Je vous écris tout cela à cause d’un tableau Que je suis incapable d’expliquer comme la mort que nous prêtons (malgré nous) à un désir trop essentiel pour être tu et dépressive je vais aller faire de la moto je crois
sa mère : avait une phrase étrange qu’elle lui disait toujours "tu es comme moi, Tu es faible"
Il est… Quelque chose Vient à lui Après C’est assez facile de le voir Marcher Car il boite Depuis sa naissance
Cette façon d’être Sans avoir à chercher et puis Cet accident de moto Qui l’a transformé En une tentative de suicide Dites-moi
S’(il n’était pas responsable de l’accident)
Hier j’ai reçu Hier les traumatismes Dans le masculin La rupture Comme un effet de castration Devant ces femmes je vous Ecris Les épaules Dont le visage est indistinct
PARCE QUE JE N’OUBLIE PAS TOUT
Manon :
miroir rouge de mon identité sexuelle sur la distance et la fusion que nous prêtons à notre corps comme un désir
je vous écris d'un pays<br />
où m'a conduit une coupure<br />
et la lame dont elle brille encore<br />
à moins que ce ne soit cet essieu <br />
tout au bout d'une glissade<br />
sur la luisante eau du sol, <br />
le soir arrêté.<br />
<br />
je vous décris l'endroit exact<br />
que le sang teinte encore <br />
d'un fantôme de jambe parfaite, qui allait droit où il faut<br />
ce sang ne s'est pas mélangé<br />
malgré le temps dans la tourbe acide<br />
je ne l'y ai pas laissé entrer<br />
ni dans les failles de ma terre, <br />
que percent mes racines<br />
ni dans les grumeaux du temps<br />
parce que je le veux rouge encore, <br />
sang de la perfection de la jambe, <br />
sang du suspens des morts,<br />
laqué, chaud.<br />
<br />
C'est de cet endroit que j'écris <br />
où brillent lames et lumières <br />
où je suis étranger aussi<br />
coupé au milieu reconstruit<br />
mi homme mi sirène,<br />
voix belle.<br />
<br />
faible et fort las de tout<br />
je tiens sur ma jambe broyée,<br />
si droite<br />
tout mon corps est une colonne<br />
quand je reste ainsi sur le bord<br />
l'eau du fond se teinte toujours<br />
et la mer toujours s'y noie,<br />
tire sur le fil et gémit.<br />
<br />
je vous écris du bord du tableau,<br />
de là où le fond parle seul<br />
dit autre chose <br />
tandis que l'oeil parcourt en diagonale<br />
la totalité de l'oeuvre, du livre,<br />
et du fond de la mer,<br />
je suis le marin attaché au mas.
je savais qu'il était de toi ce tableau, j'ai reconnu le visage. Je voulais dire qu'il me plaisait, là-bas, et puis à quoi bon parfois à quoi bon parfois je ne veux même pas qu'on lise ce que j'écris pas qu'on salisse mes mots avec leurs yeux sales<br />
j'aimerais avoir ce truc là chez moi tout ce rouge tout ce dedans dehors la peau retournée