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suicide toi mon fils [ d i v ]
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9 janvier 2012

LA DISTANCE Non l’écriture n’a rien changé. Quand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                          LA DISTANCE

 

 

 

 

Non l’écriture n’a rien changé. Quand je vous vois venir ici. Vous êtes perdus je le vois bien. A vos mimiques dans vos sourires. Vous êtes comme moi vous êtes comme eux. À bout de souffle à bout de tout dans presque rien. Je vois votre souffrance. Et de l’écrire ça vous fait quoi. Est-ce que ça vous fait mal dans tout le corps. Quand les choses rentrent comme des camions sur la grande route. Et puis le temps qui se fait prendre dans l’air une seconde. On les a fait les beaux mouvements pour exister un peu. On se rattrape on va tomber on aura mal. Tu sais comme moi on se relève on se relève de quoi. Du silence et de la mort des autres. D’une femme qu’on a aimée bien plus que soi. Son ombre était si belle si grande quand elle vous embrassait le soir. La peau a des remords et des blessures profondes. Quand on la touche alors. On a cherché comme on a pu. Dans les décombres dans les grandes courses. Dans le ciel. Tu étais qui toi. Tu étais qui pour me juger comme ça je te rattrape je vais rien dire. On se ressemble un peu. Un jour on a perdu un train dans un livre. Nous sommes si peu de chose. On n’a pas su la fin de l’histoire. On reste dehors dans les gravats. Avec du sable pleins les dents plein la bouche pleins les yeux. On a mordu dans de la viande et dans du lait pour grandir pour exister. Et pour comprendre où va tout ça. La distance qu’il faut mesurer avec son corps quand la mer monte. Dans des murs droits il y a des socles qui s’élèvent et des statues dans des jardins. Et puis des phrases à l’envers pour ne plus rien comprendre on ne compte plus on se laisse faire. On t’a mis là seul au milieu d’une autre chambre avec une vue imprenable sur la mer. Est-ce qu’elle te plait est-ce que tu la vois la mer derrière tous ces rideaux blancs tâchés par la couleur des roses. Ephémères. Nous sommes tous là on te regarde on peut se rendre à l’évidence maintenant. Que de l’eau manque dans nos déserts intérieurs rouges et cachés. Je frappe j’aimerais crier et c’est pour ça que quelqu’un pleure. Ça fait du bien par où ça passe. Ça fait du bien de sentir le parfum des fleurs dans le cou se déverser. Il y a du vent pour tout chasser devant nous aux mêmes endroits. On laisse passer des groupes d’indiens des diligences pleines de trésors. Devant ton enfant qui suce son pouce avant de mordre ta lèvre parce qu’il a peur du noir. Et des orages. Ça recommence on croyait que ça finirait un jour. Toute cette merde collée qu’on nous a mis dans le ventre. Les orages le bruit des orages quand tout est calme. Mais quelqu’un vient te chercher dans ton sommeil le plus profond le plus étrange. Et tu te lèves tu dois partir d’ici comme les autres qui l’ont fait avant vous. Oui toi. Nous sommes des anges. Ou des démons. Primates. Est-ce que la course vous a plu. Dans les étoiles les habits bleus les habits rouges. Oranges. Qu’on porte sur le dos quand on a froid. Comme si nous étions lourds légers comme de la toile. Qu’il faudra mettre tout autour de nous pour la durée de ce voyage. Enfin on part t’as peur du vide tu viens de naître mais tu mourras un jour seul avec ta bouche grande ouverte pour laisser passer des choses comme un filtre. Ta peau te dira tout. Tes amours tes joies tes peurs et tes défaites. Les crimes que tu n’as pas commis. Alors profite encore un peu du ciel qui bât dehors et qui traverse encore ta tête. Dis-moi tout car je t’écoute ailleurs que dans tes livres. Ta course a-t-elle été longue merveilleuse. Et belle en chemin pour oublier la pluie. Qu’as-tu appris de l’amour des femmes et des hommes aux combats. Je sais. Tu sais tout ça. Toi qui navigue toi qui n’a rien écris depuis 30 jours. Quatorze siècles et une année pour faire un enfant mort. C’est pourtant pas l’envie qui t’as manqué ni le souffle. Hein qu’elles étaient belles toutes ces pommes dans le cerisier pour les peindre avec du sang bleu. Mais l’absence à fait son travail de sape. Un deuil à finir et puis. On recommence à aimer. Malgré la distance qui nous sépare. Et puis quand on cherche une raison à tout ça. On s’abîme une épaule en fouillant dans la terre dans les arbres. On trouve dans un train un livre qu’on avait perdu un jour en regardant la mer derrière des rideaux jaunes. Non l’écriture n’a rien changé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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