MORT A VILNIUS - (genèse textes) 06 On crèvera là
MORT A VILNIUS - (genèse textes)
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On crèvera là tous les 2 non ne sors pas de moi comme ça si facilement je te garde comme un estuaire un bateau battu par les eaux mon enfant roi tu dis des alvéoles et des fenêtres je suis ton mur ta cage un fauve qui tourne la tête l’eau froide l'eau froide qui t’empêche de dormir mon amour au poing rageur chien qui me suit et me demande pardon avec la pluie de tes bras qui coule jusqu’à mes cheveux reçois reçois mon nez ma rage et toutes mes forces pour toi l’église l’église est blanche et les habits aussi simulacre il a fait très beau aujourd’hui je t’ai vu au mont Sinaï mon ange ma raison de vivre on est d’or et déjà foutu quand tu brillais j’étais radeau toi corps pour me survivre un peu tu les entends déjà chanté les enfants morts d’Afrique mali silence et cordelette à pieds nous irons pourrir au soleil d’Ouessant pétrole pour me rendre encore plus noir que toi je t’aime bien au-delà des mensonges et du blé pour nous faire grandir j’ai bien reçu toutes tes affaires ton passeport pour aller casser la gueule à dieu cette minerve qui fait tenir les gens sans nourriture où allons-nous les bras en croix comme ça pourpre et en avant je t’inhale t’absorbe et te digère tu es mon roi mon piédestal l’eau que je digère sur les vitres à t’attendre jour et nuit bec art et corrosion mufle dans mon ventre pour charger les étoiles fausses pistes toutes petites toutes petites je suis je t’ouvre un passage après la cicatrice je t’ouvre la voix pour que tu chantes à l’arrête des maisons du corps qui refroidi des pierres et des fleuves chauds turquoises bas fond qui s’enfoncent en nous je tombe je perpendiculaire à l’autre un uppercut encore et je suis morte je pense à toi dans les étoiles je suis Marie je suis Marie Trintignant j’m dead
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C’est un hiver catastrophique mon amour dors encore et moi je suis morte évanouie presque en vie je n’sais plus guider ta bouche ton ventre et mes mains vers toi eau au secours des insectes arrivent déjà je les sens venir vers nous les branches d’hélicoptères halées tu dors tu dors encore masse brune ou forme blanche je ne vois plus très bien l’arbre de la forêt le lavabo tes dents qui m’appelle qui m’appelle qui m’aime encore sur cette terre mon père qui m’apprenais tous les poèmes de Guillaume Apollinaire Lou et moi je suis déjà loin d’ici ça s’agrippe ça lâche ça va bientôt céder la pluie et le courage des monstres j’aimerai sortir de toi que tu viennes comme un chien apeuré une blessure après la mort putain réveille-toi chante traverse traverse mon corps avant de traverser la chambre je suis là je t’attends l’hiver est moche on apprend que des mauvaises nouvelles ici c’est tout noir ici c’est comme ta peau y a des pistes d’idrocarbure des dessins où l’on entre la tête la première je viens de naître je viens de mourir je suis entre les 2 pour envisager des retours en avion je suis dans une caisse au-dessus d’un paysage enneigé des monticules une voix douce comme un ventre où comme ta blessure que tu me fais porter comme un chemin d’astres et de rivières sol et les matines tu me donnes le main je brûle j’aimerais grandir je touche de la terre avec mon genou le sol parait moins dur que ce matin j’écris ton nom j’épelle tous les oiseaux qui ne viennent pas tout paraît si loin maintenant que mes cheveux brillent et sèchent dans ta voix centre Afrique Sibérie Antigone j’entends je suis la trilogie de la mort pendant que tu dormais dans les strates et dans leurs bras je nous quitte
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Je ne sens plus mes pieds je ne sens plus mon pouls ni mon corps glissé en toi nos muscles sous la corde pour nous débattre encore où étions nous dans un hélicoptère apache au-dessus des mers de Corinthe ou d’Alicante où est le monde où est la rue où je t’ai vu pour la dernière fois sortons d’ici sortons d’ici tu cours devant moi tu cours ouvrir la porte pour que je tombe à nouveau inerte et sans connaissance dans tes bras je ne sens plus ta joue ni le vent qui m’a repris mon souffle je dois me réveiller je dois sortir ma tête de ton corps pour respirer une autre bouche la mort est bien trop réelle ici j’ai vu Mars et Jupiter et les enfants giflés des attentats dehors les balles à la seconde toutes bleues à travers le grillage les oiseaux noirs qui me déchirent la tête et le sommet du crâne je ne sens plus mon sexe monter dans les abysses où tu mettais ta langue pour me faire sourire et chanter tralalère comme si j’étais redevenue cette petite fille sauvage avec sa poupée dans les bras je m’appelle Marie T Marie Thérèse fille à papa et je suis morte je suis apache et je deviens hélicoptère je ne sens plus mes pieds
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Myriade d’enfants sages sur la colline verte qui s’étend de l’autre côté des meurtres abominables pendant que la folie nous guette nous sèche et nous apprend à vivre sans l’autre nous guide et nous échappe je suis la femme au 100 visages une mer Egée un père pour toi une fleur en lamelle rouge que je pose sur ton cœur esquinté quand tu t’endor miras mon homme je serais peut-être déjà morte l’autre monde où tu as peur d’entrer moi j’y suis j’y suis par ta volonté les oiseaux m’ont suivi ils ont quitté ta main la bague que je portais m’a serré la poitrine toute la nuit nous avons posé nos valises ici pour écrire à dieu carrefour des belles images tu les entends venir vers nous les muscades et les catéchismes salés le poison de l’art plastique humain dans nos veines grenats les beaux monastères cuivrés quand le ciel menace nos bêtes j’aimerais t’ouvrir la bouche en grand galets rampants les gestes sourds qui nous rentraient dedans j’aime à contourner le ventre j’aime à me désarmer de toi nous apprenons l’alchimie du fer et de la caresse ensemble pour nous assembler ma sœur à moitié nue dans le bain et dans ce lit en fer mon amant magma mon segment parallèle l’aube ornemental est un couché de soleil dont on ne reviens pas vivant je te suis où la pierre est tombée dans nos corps petite lumière petite lumière de sable pour te faire écrire un mot désuet chaste et admirablement doux au touché quand tu l’entendras venir je suis habitée par une multitude de chose comme la violence d’un orage qui ne s’abat pas tout de suite sur la grande ville ouverte marchons marchons encore dans notre histoire pour que tu me coupes le visage en deux ton fils nous entend derrière la porte il reste encore un ongle à explorer et tout sera fini fini comme avant ta femme se pendra un dimanche parce que tu as peur de mourir tu n’ai qu’un pauvre enfant toi qui comptait les secondes juste avant de respirer de plonger dans l’eau bouillante de ta mère
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J’aimais les ours blancs tes rires quand tu chantais graves dans mon ventre on se suivait on se suivait on prenait la même route la même blessure qui nous serrait le ventre des heures à te couper le visage avec mes paumes salées à l’opéra devant la mer quand tu pleurais seul comme une môme dans un parc dans mes cheveux un enfant filtrant le ciel devant le fleuve pour récupérer des pierres précieuses de l’or des firmaments il y a il y a nos rêves de petites filles d’ange blond de prince et de princesse de meurtre où la folie s’en va mais dans quel camp je me suis réveillée sans toi dans quelle marre de sang nous avons bu tout notre alcool j’étais perdue amoureuse folle de lui j’aurais fait n’importe quoi pour sauver notre enfant des flammes dans la boussole ce matin seule comme ce soir avant de te dire avant de te dire une dernière fois mon amour prends bien soi de nous j’étais maquillée d’un seul côté ce matin tu n’as rien vu rien remarqué tout semblait normal comme hier comme demain les jours qui ont suivi nos ombres s’étaient comme une trace de rouge à lèvres ce matin un grand trait brun que nous avons écrit quand nous avions le dos tourné dans la chambre d’hôtel j’aimais j’aimais le voir écrire quand le soleil plaquait ses mains sur ma peau rouge par les coups que l’amour donne avec son rythme ses vagues et puis sa mousse un acier blanc qui remonte jusqu’au cœur des ténèbres
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Je repose en paix mon amour j’ai vu ce matin traversé sur le lac blanc des flamants rose perdus au-dessus des neiges bucoliques en train de fondre en nous mon amour le bleu me va si bien tu sais le bleu des nuages le bleu du soleil argenté seul au-dessus des mers gelées par la brûlure des étés qui passent par ici qui reviennent la glace de tes larmes qui coulait en moi quand je voulais revenir à mon tour nous jeter dans la cendre des volcans et des hommes qui sont restés debout trop longtemps dans la lumière il faut revenir revenir mon amour écarter la forêt joindre les 2 ponts cracher dans ton corps pour me donner de l’eau dans la brûlure combien d’hiver à passer loin de ta voix très loin de tes yeux que je ne peux plus percer ni avec la pointe de mes coudes ni avec la cicatrice que je porte dans mon cœur loin de tes poings qui rugissent jusqu’ici n’entends-tu pas vomir les étangs de hollande le mont Sinaï et la muraille de Chine pour t’écrire avec une encre violette des mots d’amour la peau fera le reste c’est très long de vivre c'est très bizarre entre 2 hivers un été quatorze printemps une multitude de chose tu sais là-bas après les médicaments les suicides j’ai laissé un morceau de ruban rouge venir et flotter dans le vent pour qu’il t’accompagne avec moi jusqu’en Afrique et jusqu’en France où nous sommes nés toi et moi patrie des dieux et des églises en sucre pour mourir un jour dans leur entrailles et leur merde dans ce carré de boue ou je t’attends jour et nuit pour que tu regardes avec moi la maison des insectes écartés dans mes os où le jour passe un peu oh pas longtemps quelque seconde c’est tout c’est tout ce que j’emporte avec moi je sais c’est pas assez tu déposeras comme maman un petit caillou bleu sur l’angle de ma maison blanche à côté de Bécaud est-ce que tu viendras un jour pour que je te tue moi aussi avec tout mon amour