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suicide toi mon fils [ d i v ]
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14 juin 2012

ton ventre le jardin la chambre dans le plus

 

 

 

 

 

 

 

 

ton ventre le jardin la chambre dans
le plus petit espace le corps à modeler
le corps à modeler le temps qui passe
je relève le drap c’est pratique la main
ça comble tous mes manques je
reconstruis la pièce où j’étais où
j’étais morte je sors de toi le texte
je sors de toi la nuit j’aimerais
toujours me perdre l’acteur est sur un
cheval blanc la robe est en feu et
les poissons vidés de leur substance
il restera nos morts billes en tête
entre les mots il restera nos morts
comme une fin en soi ça va dans
toutes les peaux dans tous les sens 

 

j’aime les phrases en spirales dans
le théâtre il y a plusieurs colères
ça ouvre des grandes portes et des
endroits qui montent comme cette
espèce de triangle éphémère entre
la femme l’amour et l’homme des
cercles des cercles et j’aime dire non
oui à tous les gens que j’aime oui
à tous les gens que j’aime l’épaisseur
de la lumière pour te toucher comme
avant dehors dedans quand la peau
sera nue transparente dans la matière
tendre des jours esquintés et je
m’avance je m'avance j’ai reconstruis la pièce
où j’étais morte je reconstruis la pièce
où j’étais morte je prends exemple
c’est pourtant simple je suis le mauvais
fils je suis le mauvais fils et pas à pas
j’avance des membres une demeure
infidèle comme un écho de l’une à
l’autre je prends exemple moi j’étais
j’étais la chose sortir du livre pour sortir
de la bouche de toi des cercles et
j’aime dire non oui à tout les gens
que j’aime un homme est assis sur un
lit c’est doux comme du coton et je
m’amuse avec lui je vois ma mère
derrière son dos un enchainement une
suite un enchainement une suite
et dans l’oreille qui glisse le sang que
tu écoutes ça me traverse ça nous
traverse encore l’esprit les grands
espaces à lui tout seul pour se
perdre pour se perdre pour fuir
l’enfance oui je m’enivre oui
je m’enivre une performance
ratée oui je m’enivre et je perds à
peu près tout le contrôle la faim l’
abandon la colère le pas que je dois
faire ou ne pas faire dans le cercle
oui je m’enivre des beaux mensonges
la peau le corps nue oui non avec
le goût de l’autre qui s’en va

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires
C
Platon : Car de la mort, nul n'a de savoir. Et Paul Celan : Nul ne témoigne pour le témoin. Et pourtant, toujours, nous nous choisissons un compagnon : non pour nous, mais pour quelque chose en nous, hors de nous, qui a besoin que nous manquions à nous–mêmes pour passer la ligne que nous n'atteindrons pas. Compagnon par avance perdu, la perte même qui est désormais à notre place.<br /> <br /> Où chercher le témoin pour lequel il n'est pas de témoin ?<br /> <br /> <br /> <br /> Maurice Blanchot (Une voix venue d'ailleurs).
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