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suicide toi mon fils [ d i v ]
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3 mars 2013

L'ENFANT [ Le goût délicieux de la tristesse ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PortraitOlivier

 

 

                              L'ENFANT

 

 

 

[ Le goût délicieux de la tristesse ... quand sa présence tord les boyaux, quand sa force étrangle la gorge, quand sa persistance troue l'estomac et quand elle coupe le souffle, et fait sombrer dans l'inconscience de tout ce qui existe d'autre. Quand elle ricane seule et triomphante à m'écraser , quand elle envahit tous les replis de mon corps et s'insinue jusqu'au plus loin de mes profondeurs, quand je ne ressens plus que sa morsure ... je ne meurs pas ... je vis. Je vis en creux, je chevauche les plus hautes montagnes en négatif, là où la douleur se meut en plaisir, et où je jouis enfin d'être triste. ] [ r l ] 

 

 

 

Eclairer l’abime, éclairer le monde, comme si ça suffisait, tout ça pour vivre, être heureux, derrière le mur, fait-moi un signe, qu'est-ce que ça veut dire, un arbre pour se cacher, un banc d’école pour écrire, les premiers mots d’amour, l’apprentissage de toute une vie, à l’envers je dois me réparer, quitter tout, le navire, le socle du navire, la vérité, la mort, la vérité la mort pas bonne à dire, la nuit porte conseil, la peau porte ses fruits, la nuit où tout est blanc, dans tes cheveux, je remonte, je remonte, je vais bientôt voir le jour, je vais bientôt voir le monde, tel qu’il était dans tes yeux, il va y avoir du sang, il va y avoir du sang sur ton corps, me coupez pas, me coupez pas non, le muscle du sommeil, j’ai colmaté, tous les tissus possible, lâche pas ma main, je vais bientôt sortir, dis-moi, dis-moi des mots d’amour, j’en ai, j'en ai tellement besoin, tellement besoin tu sais, j’ai déjà peur du soleil, de l’ustensile en fer, je vais lâcher, je vais sortir, c’est pas bien, ce que vous me faîtes, la douceur le sucre, tout ça me berce, comme de la peau, c’est éternel, et ton enfant est là, comme au premier jour, perdu dans cette autre cage, qu’on appelle aussi l’amour, le pardon, je don de soi, je veux être quelqu’un de bien, sauvez des vies, les reprendre à tout jamais pour un autre, tout donner, tout détruire, pour tout recommencer à zéro, puisque tu parts, puisque c’est écrit quelque part, dans la peau, que tu m’as donné, un jour d’orage, pour en avoir peur, toute ma vie, tout le soir recommencer, toute ma mort, tout l’espace, toutes mes poupées, je leur touchais déjà le sexe, pour comprendre, où va le fleuve, d’où vient l’enfant qui va naître, tout à l’heure, dans un long tissu de traîne, trainé dans la boue comme tes gants, pour se relever de tout, pour se relever de tout, comme si ça suffisait, tout ça pour vivre, tout ça pour être heureux, un cri terrifiant, dans la nuit éreintée, une chute de 10 mètres, tout au fond, et je suis dans tes bras, tu peux me tuer maintenant, tu peux j’ouvre les yeux, je suis au monde, je suis au monde, il y a du sang, de la merde, merci maman, merci papa, dis-moi des mots d’amour

 

 

 

 

 

 

 

peinture : r l

musique & texte : o s

 

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