Je t’attends Tu me vois pas Derrière les rideaux De la chambre 43 Il y a du soleil Un peu partout Qui passe Même dans l’attente Oui je suis seul Car j’ai un peu d’avance Où étions-nous Perdu je crois Peut-être Peut-être pas On n’en sait rien Quand est-ce Que tout ça commence Dans le ventre Dans les nombres Dans une école Dans le tatouage d’un regard Un trait fin qui s’efface Pour en faire passer un autre Un autre dimanche Oui c’est ça Quand le paysage défile A l’arrière du bateau Pour perdre l’équilibre Au fil de l’eau Où étions-nous Tu peux me le dire toi Dans le ventre Dans les yeux Dans l’attache Quand on se touche J’aime bien t’entendre Quand tu es loin Ta voix Dans les vagues ensoleillées Dans la folie des chiens Quand on a peur Et tu te tais Pour te faire toute petite Dans la nuit Installe-toi Où tu veux Dans moi On courrait dans la petite enfance de l’autre Pour toucher ses lèvres Ses mots ses interdis Ses rêves Violents Violets Se suivre On regardait les grands Les portes s’ouvrir un peu Les portes sont comme des écrans Où l’on s’écrit Pour voir passer des lions Des formes étranges Ou des esprits Et je t’attends Une heure ou deux Toute une semaine Un mois Tu sais C’est loin la corse Quand il fait moche à Paris Ça passe pas Enfin pas comme on voudrait On prend des trains Jusqu’à la mer de sable Comme cette foutue liberté Qu’on nous dit d’écrire Un peu partout Pour exister Mais j’en sais rien Le corps Des fleurs et du métal Quand est-ce qu’il se touche Encore avec les mains Les bras le souffle La peau Pour faire une branche Un truc solide Une balançoire Il y a du vent Quand je me penche Je t’aperçois Derrière les rideaux De la chambre 43 Est-on vraiment libre Même quand il n’y a pas de chaîne On n’en sait rien Je me penche J’observe Mais qu’est-ce que tu fous Là-bas A m’attendre Ici les draps sentent bons C’est rouge C’est plein de poussière C’est plein déjà de nous Petite tâches sombre Qui lève la tête Comme si c’était bête De compter les nuages Quand il n'y en a pas