LA FORCE QUOTIDIENNE DU MAL ( d i v )

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ce matin j’aimerai que tout remonte jusqu'à la bouche entre les deux oreilles pour vomir un peu de pus d'encre et de salive 200 cents kilomètres pour rien et par miracle ce matin rien n'a survécu ni page ni mur ni poing g visible et odorant ouvert dans le centre de la main on quitte la scène vertige et laps de temps perdu entre ses jambes qu'un trou pour pisser droit dedans où à côté vise bien l’enfant vise bien soit heureux prend le bon train celui qui coupe la ville en deux segmente toute l’attention du ciel avance jusqu’à la branche au dernier kilomètre le fruit mort sera pour ton ventre si tu n’arrives pas temps la neige se matin aurait pu avoir dans son ventre quelques prénoms de fleurs comme poésie ongles faire corps fragile l'angle des murs l'arrière-plan du muscle interne pour dire je t’aime aime-moi aussi sinon tout va exploser dans ma boite crânienne je suis au bord d’un précipice je vais tomber quelqu’un m’appelle je me souviens quand j'étais petite il y avait une chambre noire pour deux un grand plafond des bruits étranges il y avait de quoi être impressionné j'étais fils unique à son papa et sa maman j'avais toujours peur des saisons qui n'en finissaient pas dans cette grande chambre noire vous voyez là-bas je ne suis pas sûr de moi sur rien sur dieu sur la mort après l’eau chaude l’eau froide la boue sur le sexe la peau à toucher pour une phrase au milieu de l’eau sur la dernière vague qui a bousillé ma vie tout est nul tout est détruit tout est à chier l'humain l’homme le corps la poésie le cul la dernière rose qu'il faut bouffer pour se piquer un peu ressentir dans les dents que ça fait mal un peu la vie la parole les saisons la merde cathédrale entre ses doigts comme c'est doux et granuleux je voulais faire plein de chose quand j'étais petite jouée à l'élastique à la corde pour me pendre un peu eau pas longtemps que ça coule pas trop vite le sens de ma vie entre mes doigts comme du soleil chaud tu t’en rappelles encore un peu du temps qui te vide le soleil sur cette plaie cette sensation bizarre étrange d’être déjà passée par là je reconnais les couleurs de mon enfance les odeurs qui brûlent la gorge j’écrivais la tête penchée c’est ça écrire des poèmes de la poésie enfin toutes ces choses qui n’avaient pas de prix la mort peut-être sûrement la mort parce qu'on ne sait jamais comment ça va se passer vraiment la mort d'une mouche dans un bol de lait quand il neige la grande chambre est plus lumineuse et ça fait carrément chier pour ma solitude j'ai besoin d'angle noir très foncé pour écrire que tout va bien le bonheur c'est une peau en acier pourtant très douloureuse et on la porte et on tombe et on se relève et allez-vous faire foutre bien profond maintenant homme humain saison pluie poésie tout ça c'est du vent pour éclairer la petite boite interne qu'on a dans le ventre à l'intérieur de nos chaussures pour s'enfoncer un peu dans sa propre nuit plus d'insectes je suis mort je suis morte tout est pourri tout est eaux sangs kilomètres tempe contre acier pour appuyer feu chiotte j'ai envie de déposer ma merde partout où j'ai écrit c'est ça chier enduire décomposer se mesurer à comme une dernière envie de combattre avant de avant de

 

 

 

 

J'écris pas : (Séverine S)

 

Des fois j’en ai marre. Je me demande comment c’est possible. Je prends l’air. Des chemins pas finis. J’en ai marre. Je ne sais pas quoi. Les images. Toujours les mêmes schémas. Que la mienne. J’ai jamais juré. Les modèles toxiques. J’aime pas. Les chocs. La stratégie. Tout ce mystère qui fascine. Le bruit trop bruyant. C’est comme ça la vie. Le silence trop silencieux. On comprend rien. Les poumons qui sentent pas bon. Des fois je me demande. Comment c’est possible. J’en ai beaucoup trop. Faut ralentir comme qu’ils disent. C’est comme ça la vie. Faut s’approprier des objets. Des choses. Technologiques. Superposées. Entre nos lignes. T’as raison. On a beau essayé de lire. Toutes ces vieilles cicatrices. J’ai jamais volé. Je sais pas combien de vies. Des fois je me demande comment c’est possible. Moi aussi je vais tout quitter. Y en a qui embrasse pas. Moi non plus. Enfin je crois. J’ai jamais repris. Ce que j’avais donné. Je vais où maintenant. Pas beaucoup de mots. Mais absolument tout. Dans un coffre. Le silence trop silencieux. Dans un corps. Dans une cage. Liée à la forêt. Je me demande ce que j’ai pu foutre. Ca veut dire. J’écris pas. Je prends l’air. En regardant la nuit. Par la fenêtre. Je sais pas. C’est la merde. Par ta faute. Que la mienne. Je sais pas si c’est le silence. Y a un truc qui m’assassine. Qui dégage une odeur. A en croire mes lignes. Chercher des souvenirs. Entre mes cuisses. On n’écrit pas. Au moins jusqu’à demain. Des fleurs dans les cheveux. Une zone sensible. Dans le flou. Pas beaucoup de mots. C’est pour ça. Faut ralentir comme ils disent. C’est pour ça. J’écris pas. Des poèmes d’amour. Dans ce truc. Un peu pourri qui coule. Les pieds nus. Enfin je crois. Les néons bleus de la station-service. Dans la saignée des murs. Je vais où maintenant. Dans une cage. Dans l’autre corps. Dans des chemins pas finis. Qui coulent. C’est possible. Je sais pas. Je prends l’air. Enfin j’essaie. Dans le flou. Dans la zone. Ultra sensible. Enfin j’essaie. J’écris pas j’écris pas j’écris pas. A l’intérieur de mes mains. J’écris pas. A ma mère. Et dehors. Par ta faute. Le vent est acide. Hyper acide. Depuis quelques temps. Je remue le silence. C’est pour ça. J’écris pas. Que la mienne. Ya un truc qui m’assassine au fond de moi. J’écris pas…