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suicide toi mon fils [ d i v ]
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20 mars 2008

INCUBATION

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Comme elle. Je pense à Rodin dans les draps.

Il faut limiter les copies. M’entendez-vous ? Vous m’entendez caresser l’écorce. La fossette au menton. La salive blanche visible et pas visible. L’hiver et les 80 planches originales. Couler le bronze. Couler la peau avec le rythme de la fibre. Couler le bronze en automne. Raser les cheveux qui dépassent avec du fil pour sentir le soleil sur la peau venir. Le bol à l’envers pour piétiner le masque avec une eau blanche. La tache de lait sur l’anse. 15 ans que je suis dans le même trait. 15 ans que je suis sans rendez-vous dans l’ombre assise. J’ai envi de pisser dans tes mains. Je peux pisser dans tes mains ? Est-ce que je peux pisser dans tes mains pour faire briller l’onyx blonds sur tes coudes ?

Les yeux bleus dans une marre de café avec ta barbe qui commence à me piquer dans la gorge, et puis l’étude de la chair qui disparaît pour ouvrir de nouvelles portes possibles avec cette énorme clé autour du clou pour nous montrer la chambre. Que je me traîne jusqu’à toi sans les mains sur ce câble en acier avec le torse rasé à sang dans la lumière de la chambre qui baisse un peu. Donne-moi ton lait noir sous les ongles pour que je me maquille un peu. Donne-moi ta langue pour salir ma blouse pleine de bleu. Je n’ai même pas senti que tu me suçais le lob de l’oreille à l’arrière comme une hélice d’avion plantée dans le sable où des otaries se limitent à faire n’importe quoi. Je n’ai même pas vu le secret dans tes mains blanches pour que se tiennent droites toutes les pages du pied coupé encore debout tombé tout à l’heure dans la Seine à l’autre bout du pont où les nageoires des poissons se coupent aux dorsaux. Tu sembles intact dans le bronze fiévreux je suis intact dans ta main parfaitement bien creuse et lisse. Parfaitement bien veinée comme un paquet de nerfs aux heures d’ouvertures devant les foules. Il y a du liquide infecté qui passe dans la veine principale quand tu t’approches avec cette lame tournante pour me la faire souffler au-dessus. A la question précédente je n’ai pas répondu. A la technique des matériaux utilisés comme arme de combat et comme solvant souple pour teinter les éclats de peau je n’ai pas à répondre. A la question précédente à savoir s’il y a une méthode pour apprendre. Non il n’y a pas de méthode à apprendre. Je répondrais que la matière brute se transforme dans quelque chose de vivant comme du plomb dézingué dans la pénétration du corps absolu et droit. Quand tu veux je me déshabille devant toi. Je mets quelque peau dans cet angle là. Je me mets sur le ventre pour que tu m’imagines morte et pour que tu me dessines telle que je me représente à toi.

Je suis nue sur une table tournante en plein soleil appuyée sur un seul doigt.

Je suis le monde entier entre l’os et ta pommette. Je suis le seuil de la structure en métal. Je suis la barrière des fous dans un parc zoologique. Je suis le singe ouvert pour toutes les expériences possibles. Je suis le sang. Je suis la blouse. Je suis l’endroit même où tu chies le mieux et remarquablement bien sur mon ventre plat. Je suis la lame de verre en lamelle fine quand tu me l’introduis dans la nuque et dans la raie ancestrale bien profonde. Je suis l’anus écartelé par tes boucles en métal. Je suis la lampe éclairée dans l’ondulation d’une épaule en sang pour casser les reins des grands fauves dans une lumière qui ne bouge pas. Je suis de la moelle épinière que tu touilles avec ta queue. Je suis la lame de fond un premier temps perdu et retrouvée au fond pour la faire ressortir. Je suis la mort sensible dans le corps humain démonté par une eau africaine. Je suis de l’iode et de la métastase mélangée dans la masse musculaire du kenyan blanc. Je suis le coureur de fond. Je suis l’espace manquant pour assembler les impuretés sous tes ongles coniques. Je suis dans ta bouche un sexe léger comme un soleil qui fond chargé d’étoiles et de kystes. De laits et de pourritures.

Je suis sur la table tournante en plein soleil appuyée sur un seul doigt cassé.

Il faut que tu coupes avec tes dents la fine cordelette autour de mon cou qui me socle étrangement avec la pierre. Il faut que tu m’enfermes avec l’eau dégueulasse de ta blouse. Il faut que tu m’enfermes avec toi dans le bloc de granit mauve et rose pour respirer encore un peu plus ta voix. Après je n’ai plus jamais rien dit tous les papiers brûlaient dans la cour les dessins les compas l’œil le fil la lumière la ville éteinte. Tu sais celle qui fait le tour du grand jardin quand il fait beau. Je caresse tes pieds comme des sabots lisses sur les cailloux des appartements pour piétiner les fruits secs à la mauvaise saison quand les fruits ne sont plus assez mûrs. Ne bouge pas. Je fais le dessin de ton talon d’Achille sur le sol penché. Je les ai toutes d’équerres dans la tête bien droites en face des yeux les 3 ou quatre autres pliures sous la plante des pieds que les autres n’ont pas su regarder à temps. J’ai gardé dans ton corps le secret des vagues trop lisses et trop parfaites. J’ai gardé dans mes mains blanches sur un fond vert ta gorge pour l’aspirer d’un seul coup avec toute la sciure des copeaux bruns entre les coudes appuyés contre les jambes.

Je suis ton onyx blond assis sur un banc d’école à t’attendre toute une journée pour que tu me transperces la langue avec ton outil qui brillera le mieux.

Si je reste là, quelqu’un va m’avaler. 

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