1998
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[ On pourrait marcher jusqu'à l'eau
voir si l'allemand y vit encore ] [ r b ]
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moi aussi j’aimai me casser la gueule
en haut des escaliers pour rire comme un con
dans ses mains tendues après le déjeuner
je lui faisais des nattes multicolores
bleu blanc rouge
elle aimait ça par-dessus tout
l’entre mélange des couleurs
dans le sillon des larmes et du salé
c’était en 1998
après la finale de foot gagnée par l’équipe de France
les deux coups de tête magnifiques de Zinedine Zidane
la crinière d’Emmanuel Petit dans les arrêts de jeu
juste avant de brandir la coupe du monde de Football
qu’est-ce qu’on était heureux
c’était la première fois
qu’on était champion du monde dans le sport
numéro un mondial
c’était fantastique et beau
de regarder ça dans toutes les rues
à la compagne
dans la grande ville
j’étais son singe à elle
et elle
elle était ma liane de nacre
à moi
suspendue au-dessus d’un pont argenté
pour toucher l’eau
avec l’ongle du bout des pieds
ça faisait des ronds
comme des petites vaguelettes
en suspensions
condamnées d’avance
à la surface
on flottait dans l’air
plus rien ne nous atteignaient
on aurait pu même mourir
sur le champs
d’un arrêt cardiaque
ça n’aurait rien changé
qu’est-ce qu’on était bien
on dessinait dans l’eau
avec nos écharpes et nos drapeaux cassés
trois zéro
mais y sont où mais y sont où
les
bré
sil
iens
…
la crinière au vent d’Emmanuel Petit
filant vers le but adverse
avant le coup de sifflet final qui libéra tout un peuple
du syndrome encore frais
encastré dans ma mémoire
et qui collera toujours à ma peau
de cette demi finale perdue contre les allemands
en 1982
et des poussières
à Séville
à Séville
où mon Espagne
est restée rouge
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