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suicide toi mon fils [ d i v ]
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16 mai 2009

vivant

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LA MORT C’est calme. C’est langoureux. C’est les tropiques.

Dans ses cheveux. Une amulette. En or. Je la touche et je la perds. Je la tords. J’entends sa petite voix s’endormir sous la terre.   

Ses pas qui me transpercent. Qui reviennent sur les toits. Je recommence à avoir peur de la pluie. Surtout quand elle est douce.

Sur l’autoroute. Elle me tutoie. Prenez la bretelle. Prenez le radiateur sous votre bras. Le liquide. La grande route. Et continuez tout droit. Tout restera dans la maison. Sous les draps. Dans des trains. Qui avalent. Qui avalent tout. Sur la dernière branche. Le nid. La rosée de la dernière goutte de fruit coupé en deux. La peau. Qui sommes-nous ? Sous le feu.  

Fouille-moi. Casse-moi la clavicule avec tes lèvres. Ecris-moi que le sang circule comme des trains. De bas en haut. Il me faudra mentir sur l’étrangeté du support du papier du comment je dois écrire sur ta bouche. Des faux soleils. Il faut écrire des pages. Noircir des pages pour que le jour passe au travers. Nous dévore. Nous ceinture et nous fasse mal. La gestation du mot pourrir s’il le faut. Suivre quelque chose qui s’était décroché du socle. Et du soleil léché. La détente. L’œil dans le doigt. Que j’ai posé. Comme du souffle. Comme un soupir. L’Arme que je n’ai pas forcément dans les mains. Elle est ailleurs. Elle est n’importe où. Je suis toute seule dans un grand parc.

Et le silence. Je n’aime pas ça. J’aimerai m’arroser de sable. D’un don de sperme. Le silence. J’étais en double représentation. Avec elle. On est très heureux. La mort n’avale pas tout. Elle change la couleur de la peau.

J’aimerai le tuer comme ce passant obscur

Avec ses mille visages. Qui me dévore qui me regarde comme une épingle. Rouge. Fixée dans le mur. Collé dans le mur. Comme une cicatrice. Un cancer. La trisomie 21.

Un bateau vogue sur l’eau. Nous rejoint dans la foule. Dans sa cellule. Mais la foule c’est rien du tout. La foule c’est une toute petite chose. C’est loin. Ça rappelle une cage ouverte. La serre des agrumes. Que l’on sucre. Pour donner du goût. C’est pareil qu’une perfusion. La chaine des montagnes sur nos épaules. Je m’agrippe je perds de l’altitude. De l’équilibre. Le contrôle. Je perds le contrôle. Je recommence à caresser ma peau. J’en mets partout. Tu saignes. Tu sais même pas que tu saignes regarde. Comme un fruit rouge après l’été. Y a du soleil. On découpe des trucs encore vivants. Est-ce que le nerf est sectionné ? J’aimerai te cracher à la gueule ta peau contre mon oreille pour écouter le silence de tes pas venir moi c’est étrange comment le caillou a heurté la fenêtre. L’angle d’attaque des coups portés. Je suis là j’entends des pas dans mon ventre. Je suis comme une étoile. Un toit qui s’écarte magnifiquement jusqu’à l’aube. Où je m’applique. A contourner la serrure. Avec mes doigts. Le fond de l’air est froid. Mais sensé être doux hier. Tu as mis du parfum. Sur la nappe. La route est accidentée sur le chemin de la plage. Nous y sommes presque. Des fleurs se sont immiscées sur ta jupe. C’est calme. C’est les tropiques. Y a des insectes qui poussent. Et puis l’amour et puis l’amour. Après. La vérité du même sexe. Une pomme que l’on épluche avec ses dents. Dans la chambre.

 

 

encore plus juste. De mettre Huit neuf gouttes j’arrête de me faire l’amour seule. Je m’arrête devant la maison blanche. Un arbre est dans la cour. Une cerise blanche est tombée au fond de mon cerveau. Jardin. Jardin suspendu. A cinq. Avec des reflets bleus pour écrire. Que je n’en peux plus de recompter les fleurs sur ta jupe. Une de moins qu’hier. Donne-moi ton sein. J’y vais comment sur une tristesse qui coule Pour faire couler du sang au fond de mon landau.  Je rigole Sur la place des cargos se regroupent avec leur cargaison vide je coupe du métal en deux pas besoin d’autre couleur les petits graviers que j’ai mis ma bouche feront le reste j’ai toujours peur de me perdre J’en récupère du soleil avec les doigts j’étais prince avec toute une armée devant moi j’étais en train d’écrire sa dernière lettre sale avec les restes de demain une phrase que j’ai mis soigneusement en évidence sur la petite table en bois très bien colorée devant la télévision qui marche une fois sur deux entre du méga coussinet absorbant. Qu’est-ce que tu fais dans la salle de bain ? Me dit-elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DIALOGUE AVEC LES MORTS – TRANSFIGURATION – LA PORTE DES ENFERS 2

 

 

alors tue-moi

 

si tu poses les mains sur la table

 

tue-moi

 

si tu poses les mains sur la table

 

alors tue-moi

 

si tu poses les mains sur la table

 

tue-moi

 

alors tue-moi

 

si tu penses que la peau c’est la frontière

 

une carlingue

 

avec de l’acier rouge posé dessus

 

de l’eau chaude dans une grande vasque

 

ouverte

 

pour y noyer nos ongles et nos abysses

 

moi l’enfant nu

 

l’adolescent l’adulte

 

la petite fille qui jouait toute seule dans le jardin

 

d’en face

 

en train de ramasser tous mes lego

 

tous mes soldats penchés dans la boue

 

des fruits rouges

 

des fruits sucrés qui tombaient après la pluie

 

en abondance

 

quel est le flux des cloisons blanches

 

dans les angles droits des cliniques

 

pour y ronger nos bouches

 

nos cheveux rasés

 

sous des perruques

 

mettre du talque

 

pour que ça glisse mieux sur la peau

 

l’étoffe d’un tissu

 

dissimulé dans un drap

 

quel est le flux sur un air d’autoroute

 

ou frappe le soleil

 

avec les premières gouttes de pluie

 

la feuille

 

du papier calque

 

la feuille

 

la latitude qui baissait le jour

 

comme un regard

 

pour guider le reflet de nos pas dans un miroir

 

quitter l’espace

 

quitter quelque chose qui s’emboitait

 

qui avançait vers nous

 

est-ce plus petit qu’avant

 

la rosée dans nos bouches qui cherchaient la première goutte

 

nos bouches qui guidaient nos pas

 

enveloppées

 

mais jamais étouffantes dans le même souffle

 

t’en souviens-tu

 

la peau c’est la frontière

 

la frontière

 

c’est de la peau avec de la vitesse

 

dans les épaules

 

qui est aidée avec un vent de face  

 

l’espace a-t-il vaincu

 

tous nos doutes et nos croyances

 

ont-elles vaincu

 

nos doutes et nos silences

 

on aimerait les poser sous un calque

 

pour dessiner des étoiles dans la nuit

 

des routes sous des étoiles

 

des ponts dissimulés dans des fleuves

 

pour aspirer des visages

 

des étoiles avec les premières gouttes de pluie

 

la route mouillée de l’autoroute

 

nos corps

 

nos mains ne suivaient pas

 

elles vérifiaient l’exactitude des lignes droites

 

et le diamant sur nos visages éclairés

 

pour la première fois

 

par des néons blancs

 

idolâtrer les couleurs d’incendie

 

qui nous précipitaient dans le vide

 

les fonds nacrés fait au couteau

 

sur les bords resplendissants

 

le jour ou on s’était trahi

 

dans l’eau salée

 

jusqu’à la petite bouée jaune

 

flottante encore immobile

 

comme un corps suspendu

 

au-dessus de l’abîme

 

alors tue-moi

 

dans notre acier blanc

 

dans notre cage ouverte

 

avec le même faisceau

 

si nous sommes fait avec le même sang

 

toi qui a su me donner la vie

 

enveloppante

 

j’aimerai respirer la rosée

 

bien plus salée que le fer

 

retrouver ta bouche dans la terre

 

recousue par la rosée

 

si la table est posée sur nos mains

 

alors tue-moi

 

jusqu'à la collision mouillée des trois soleils

 

des gouttes éparpillées sur le carrelage

 

toutes ces choses divisées dans le dessin

 

toutes ces choses mortes

 

alors tue-moi

 

jusqu’à la plage brassée

 

du dernier éclat bleu

 

dans le ciel triomphant

 

tombé au milieu de la mer

 

avant que j’éparpille tes cendres

 

sur la digue rose en granit

 

cassé par les reflets du soleil

 

comme un diamant sucré

 

une pomme que je te tends

 

une pomme que tu donnais aux russes

 

à travers le grillage éclairé

 

des indices à la fontaine

 

un diamant pur

 

taillé péniblement dans le sucre

 

dans le soleil

 

dans les mains

 

dans les premières gouttes de pluie

 

guidées par l’odeur du sang

 

la mort

 

et le suicide

 

alors regarde-moi 

 

une dernière fois dans les yeux

 

c’est un rapport très fort et très violents 

 

entre la vie la mort 

 

et le passage entre les deux

 

la couleur d’une cerise à travers les mailles du filet

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