vivant
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LA MORT C’est calme. C’est langoureux. C’est les tropiques.
Dans ses cheveux. Une amulette. En or. Je la touche et je la perds. Je la tords. J’entends sa petite voix s’endormir sous la terre.
Ses pas qui me transpercent. Qui reviennent sur les toits. Je recommence à avoir peur de la pluie. Surtout quand elle est douce.
Sur l’autoroute. Elle me tutoie. Prenez la bretelle. Prenez le radiateur sous votre bras. Le liquide. La grande route. Et continuez tout droit. Tout restera dans la maison. Sous les draps. Dans des trains. Qui avalent. Qui avalent tout. Sur la dernière branche. Le nid. La rosée de la dernière goutte de fruit coupé en deux. La peau. Qui sommes-nous ? Sous le feu.
Fouille-moi. Casse-moi la clavicule avec tes lèvres. Ecris-moi que le sang circule comme des trains. De bas en haut. Il me faudra mentir sur l’étrangeté du support du papier du comment je dois écrire sur ta bouche. Des faux soleils. Il faut écrire des pages. Noircir des pages pour que le jour passe au travers. Nous dévore. Nous ceinture et nous fasse mal. La gestation du mot pourrir s’il le faut. Suivre quelque chose qui s’était décroché du socle. Et du soleil léché. La détente. L’œil dans le doigt. Que j’ai posé. Comme du souffle. Comme un soupir. L’Arme que je n’ai pas forcément dans les mains. Elle est ailleurs. Elle est n’importe où. Je suis toute seule dans un grand parc.
Et le silence. Je n’aime pas ça. J’aimerai m’arroser de sable. D’un don de sperme. Le silence. J’étais en double représentation. Avec elle. On est très heureux. La mort n’avale pas tout. Elle change la couleur de la peau.
J’aimerai le tuer comme ce passant obscur
Avec ses mille visages. Qui me dévore qui me regarde comme une épingle. Rouge. Fixée dans le mur. Collé dans le mur. Comme une cicatrice. Un cancer. La trisomie 21.
Un bateau vogue sur l’eau. Nous rejoint dans la foule. Dans sa cellule. Mais la foule c’est rien du tout. La foule c’est une toute petite chose. C’est loin. Ça rappelle une cage ouverte. La serre des agrumes. Que l’on sucre. Pour donner du goût. C’est pareil qu’une perfusion. La chaine des montagnes sur nos épaules. Je m’agrippe je perds de l’altitude. De l’équilibre. Le contrôle. Je perds le contrôle. Je recommence à caresser ma peau. J’en mets partout. Tu saignes. Tu sais même pas que tu saignes regarde. Comme un fruit rouge après l’été. Y a du soleil. On découpe des trucs encore vivants. Est-ce que le nerf est sectionné ? J’aimerai te cracher à la gueule ta peau contre mon oreille pour écouter le silence de tes pas venir moi c’est étrange comment le caillou a heurté la fenêtre. L’angle d’attaque des coups portés. Je suis là j’entends des pas dans mon ventre. Je suis comme une étoile. Un toit qui s’écarte magnifiquement jusqu’à l’aube. Où je m’applique. A contourner la serrure. Avec mes doigts. Le fond de l’air est froid. Mais sensé être doux hier. Tu as mis du parfum. Sur la nappe. La route est accidentée sur le chemin de la plage. Nous y sommes presque. Des fleurs se sont immiscées sur ta jupe. C’est calme. C’est les tropiques. Y a des insectes qui poussent. Et puis l’amour et puis l’amour. Après. La vérité du même sexe. Une pomme que l’on épluche avec ses dents. Dans la chambre.
encore plus juste. De mettre Huit neuf gouttes j’arrête de me faire l’amour seule. Je m’arrête devant la maison blanche. Un arbre est dans la cour. Une cerise blanche est tombée au fond de mon cerveau. Jardin. Jardin suspendu. A cinq. Avec des reflets bleus pour écrire. Que je n’en peux plus de recompter les fleurs sur ta jupe. Une de moins qu’hier. Donne-moi ton sein. J’y vais comment sur une tristesse qui coule Pour faire couler du sang au fond de mon landau. Je rigole Sur la place des cargos se regroupent avec leur cargaison vide je coupe du métal en deux pas besoin d’autre couleur les petits graviers que j’ai mis ma bouche feront le reste j’ai toujours peur de me perdre J’en récupère du soleil avec les doigts j’étais prince avec toute une armée devant moi j’étais en train d’écrire sa dernière lettre sale avec les restes de demain une phrase que j’ai mis soigneusement en évidence sur la petite table en bois très bien colorée devant la télévision qui marche une fois sur deux entre du méga coussinet absorbant. Qu’est-ce que tu fais dans la salle de bain ? Me dit-elle.
DIALOGUE AVEC LES MORTS – TRANSFIGURATION – LA PORTE DES ENFERS 2
alors tue-moi
si tu poses les mains sur la table
tue-moi
si tu poses les mains sur la table
alors tue-moi
si tu poses les mains sur la table
tue-moi
alors tue-moi
si tu penses que la peau c’est la frontière
une carlingue
avec de l’acier rouge posé dessus
de l’eau chaude dans une grande vasque
ouverte
pour y noyer nos ongles et nos abysses
moi l’enfant nu
l’adolescent l’adulte
la petite fille qui jouait toute seule dans le jardin
d’en face
en train de ramasser tous mes lego
tous mes soldats penchés dans la boue
des fruits rouges
des fruits sucrés qui tombaient après la pluie
en abondance
quel est le flux des cloisons blanches
dans les angles droits des cliniques
pour y ronger nos bouches
nos cheveux rasés
sous des perruques
mettre du talque
pour que ça glisse mieux sur la peau
l’étoffe d’un tissu
dissimulé dans un drap
quel est le flux sur un air d’autoroute
ou frappe le soleil
avec les premières gouttes de pluie
la feuille
du papier calque
la feuille
la latitude qui baissait le jour
comme un regard
pour guider le reflet de nos pas dans un miroir
quitter l’espace
quitter quelque chose qui s’emboitait
qui avançait vers nous
est-ce plus petit qu’avant
la rosée dans nos bouches qui cherchaient la première goutte
nos bouches qui guidaient nos pas
enveloppées
mais jamais étouffantes dans le même souffle
t’en souviens-tu
la peau c’est la frontière
la frontière
c’est de la peau avec de la vitesse
dans les épaules
qui est aidée avec un vent de face
l’espace a-t-il vaincu
tous nos doutes et nos croyances
ont-elles vaincu
nos doutes et nos silences
on aimerait les poser sous un calque
pour dessiner des étoiles dans la nuit
des routes sous des étoiles
des ponts dissimulés dans des fleuves
pour aspirer des visages
des étoiles avec les premières gouttes de pluie
la route mouillée de l’autoroute
nos corps
nos mains ne suivaient pas
elles vérifiaient l’exactitude des lignes droites
et le diamant sur nos visages éclairés
pour la première fois
par des néons blancs
idolâtrer les couleurs d’incendie
qui nous précipitaient dans le vide
les fonds nacrés fait au couteau
sur les bords resplendissants
le jour ou on s’était trahi
dans l’eau salée
jusqu’à la petite bouée jaune
flottante encore immobile
comme un corps suspendu
au-dessus de l’abîme
alors tue-moi
dans notre acier blanc
dans notre cage ouverte
avec le même faisceau
si nous sommes fait avec le même sang
toi qui a su me donner la vie
enveloppante
j’aimerai respirer la rosée
bien plus salée que le fer
retrouver ta bouche dans la terre
recousue par la rosée
si la table est posée sur nos mains
alors tue-moi
jusqu'à la collision mouillée des trois soleils
des gouttes éparpillées sur le carrelage
toutes ces choses divisées dans le dessin
toutes ces choses mortes
alors tue-moi
jusqu’à la plage brassée
du dernier éclat bleu
dans le ciel triomphant
tombé au milieu de la mer
avant que j’éparpille tes cendres
sur la digue rose en granit
cassé par les reflets du soleil
comme un diamant sucré
une pomme que je te tends
une pomme que tu donnais aux russes
à travers le grillage éclairé
des indices à la fontaine
un diamant pur
taillé péniblement dans le sucre
dans le soleil
dans les mains
dans les premières gouttes de pluie
guidées par l’odeur du sang
la mort
et le suicide
alors regarde-moi
une dernière fois dans les yeux
c’est un rapport très fort et très violents
entre la vie la mort
et le passage entre les deux
la couleur d’une cerise à travers les mailles du filet
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