Je l’étais je recommence j’arrache des baies sauvages avec des pierres mes seins ressemblent à du chardon bleu croque dedans comme on n’a jamais croqué dans l’écorce d’une mangue amer passe et segmente-moi avec tes ongles fais-moi des dessins droits dans le dos toutes ces formes qui seront faites à la craie sanguine avec nos autres chutes qui nous plongeaient dans l’eau c’est ça le nivellement ouvert du diaphragme le plus troublant et le plus pur dans les émaux tu sais celui qu’on trouve dans les cheveux en petite quantité suave et encerclé l’or de nos abysses dans la chaleur et dans la chair de mes bisous marqués sur ta tombe comme si c’était ta peau que je serrais très fort dans les endroits les plus fous mausolées ventres rivières de mon père et de ma mère on a toujours peur de mourir quand la vie ne tient plus qu’à un fil avec sa petite voix d’amour douce qu’on entend battre dans le sang de l’autre en ritournelle quand la chemise est coupée par la lèvre supérieur des baies sauvages dans la forêt j’entends ton pouls dans le silence des cathédrales et des églises aux douceurs des alcools et de la soie marine oh impatients désirs je t’ai demandé la vie dans un dernier mouvement contraire et ostentatoire un songe nouveau avec ta bouche qui dit je t’aime perlée d’essence avec les fleurs perdues des autres continents dans un seul souffle et poings serrés je sers de toutes mes forces ton corps avec de l’ortie blanche enroulée autour pour disparaître avec toi jusqu’à l’éternité de dieu des morts des dents qui poussent dans notre pourriture les beaux soleils.