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suicide toi mon fils [ d i v ]
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23 juillet 2010

/ / / / / KOOLHYDRAAT 2 / / / / / / / / / / / / /

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KOOLHYDRAAT 2

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Commentaires
C
soudain<br /> <br /> c'est entrer dans la folie du monde<br /> <br /> pencher la tête du même côté que l'arbre<br /> <br /> et sentir le vent du désert qui ruine les canaux des feuilles.<br /> <br /> c'est se sentir suspendu<br /> <br /> sans sol<br /> <br /> sans jambes<br /> <br /> tenter de s'allonger de tout son long sur ce courant qu'on ne comprend plus.<br /> <br /> le cadenas de notre petite clef familière il y a longtemps qu'on l'a perdu<br /> <br /> cadenas frère, le vent ne s'ouvre pas à cette porte-là.<br /> <br /> il souffle seulement à l'intérieur<br /> <br /> il tourne et tourne dans la maison imperméable.<br /> <br /> arrache les tableaux des murs et ouvre en vain le lit,<br /> <br /> ne fera pas le tour de la terre.<br /> <br /> coincée dans la cheminée,<br /> <br /> en haut du toit tu brandis la clef d'un petit cadenas dérisoire<br /> <br /> salie de suie.
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C
elle me parle de la grande tapisserie qu'elle est en train de faire, une chose rouge "très sexuelle". c'est depuis qu'elle a dû se faire refaire les seins. prothèses défectueuses, dangereuses ? suintements. elle est plongée là-dedans, avec son corps si droit, maigre et fripé, et ses gestes de poupée extatique. mais ce gris que dépose l'âge, cette poussière de temps qui vient encrasser, casser l'ADN, ce regard plongeant comme les traits du visage, bouche sans pulpe, ces yeux soulignés du vert véronèse<br /> <br /> de son maquillage<br /> <br /> le rouge chaud du fard des lèvres. dès le début tout cela était en attente, dès son premier cri<br /> <br /> et seule la grande tapisserie, la rêverie avide qu'elle y coud et déchire, tissus usés, reteints, chaleur du coton dans ses longues mains anguleuses, pièces, franges, rajouts<br /> <br /> nous sauve (tous) pour un (long) temps. elle me raconte.
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C
dans la maison endormie<br /> <br /> descendre l’escalier sombre<br /> <br /> baigner dans le noir <br /> <br /> où toutes les choses <br /> <br /> sont.<br /> <br /> <br /> <br /> sommeil profond d’où je sors, <br /> <br /> glisse la soie de ta lumière<br /> <br /> comme une lame au milieu.<br /> <br /> Que je baigne, que je marche<br /> <br /> entourée des choses<br /> <br /> que je connais <br /> <br /> à demi<br /> <br /> <br /> <br /> glisse ta fine mémoire <br /> <br /> dans le rêve de la maison des autres,<br /> <br /> dans l’autre maison.<br /> <br /> <br /> <br /> pose ta paume chaude, sommeil profond, sur ma tête<br /> <br /> - déplace-moi.
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C
c’était possible au fond d’un grenier froid<br /> <br /> ou sur des routes très droites,<br /> <br /> mais je l’ai perdu de vue.<br /> <br /> <br /> <br /> c’était un tableau :<br /> <br /> un chevreuil mort qui ouvrait l’oeil<br /> <br /> sur son lit de feuilles beiges – <br /> <br /> des chênes au dessus<br /> <br /> et la lueur d’un vert si faible<br /> <br /> descendant sur son front à l’aube, <br /> <br /> quelque chose à côté du corps couché.<br /> <br /> <br /> <br /> ou un jardin -<br /> <br /> où je l’ai vu lové, se glissant<br /> <br /> dans la forme du pétale<br /> <br /> pourpre tombé d’une table en fer…..<br /> <br /> on ne saurait pas dire d’où vient<br /> <br /> cette lueur noyée dans le soir <br /> <br /> <br /> <br /> ni <br /> <br /> qui était dans le buisson <br /> <br /> qui avait cessé d’errer,<br /> <br /> qui était en repos ?
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C
.<br /> <br /> <br /> dans le tapis d'herbe dressée <br /> où le cygne nettoie son bec <br /> dans le petit choc répété <br /> de l'eau contre le bord <br /> l'eau comme du miel <br /> jaune, brun et transparent <br /> où un visage s'enfonce. <br /> <br /> la mort donne une réverbération particulière, sous la surface de l'eau <br /> à ce visage enfoncé, caché, dans la lumière de l'été <br /> vaseuse et douce. <br /> c'est comme s'il savait tout et se taisait. <br /> Au repos je regarde comme il s'enfonce <br /> - dans cette eau jaune cette sagesse, <br /> ce secret <br /> <br /> il est si difficile de faire la part des choses <br /> entre ce que je lui prête <br /> (ma pensée tourne autour de ce visage, <br /> de ces traits absents) <br /> et sa propre pensée repliée dans la mort <br /> derrière ces yeux d'ombre, <br /> <br /> cette fine bouche close. <br /> <br /> Tu as vécu il y a longtemps <br /> il y avait les choses <br /> telles qu'elles t'apparaissaient, <br /> telles qu'elles se faisaient alors : <br /> tous les goûts de toutes nourritures dans la caverne de ta bouche <br /> ce que tu broyais entre tes dents<br /> les odeurs que l'air déplaçait autour de toi, invisibles <br /> et qui t'atteignaient parfois, t'entouraient, entraient...... <br /> <br /> et les tissus d'alors <br /> plus raides, rêches, glissants, lourds<br /> plus frais <br /> plus rarement achetés, <br /> avec des noms comme gabardine, pilou. <br /> Bref, la vie un peu différente. <br /> et aussi cette énigme simple : avoir un corps d'homme. <br /> <br /> tout cela forme une bulle sans paroi devant laquelle <br /> mon esprit doit s'arrêter - <br /> bulle calme comme l'eau qui noie <br /> de plus en plus profondément ton visage (tu t'éloignes) <br /> et goûte un arrêt du temps, comme une faille. <br /> il n'y a plus rien à prendre ni à vouloir de toi. <br /> <br /> et toi, <br /> veux-tu de l'oubli ?
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